Autoportrait avec deux élèves (détail)
Adélaïde Labille, dite aussi Adélaïde Labille des Vertus est née le 11 avril 1749, benjamine des huit enfants d’un
couple de bourgeois parisiens. Son père, Claude-Edme Labille, est « marchand
de mode du corps de la mercerie » et propriétaire de la boutique À
la toilette, rue de la Ferronnerie, paroisse Saint-Eustache. Adélaïde est donc aux premières loges pour admirer les parures des élégantes qui fréquentent le commerce de son père (il
se dit même qu’y fut employée une jeune « demoiselle de mode » nommée
Jeanne Bécu, qui deviendra plus tard Madame du Barry).
Comme toutes les femmes de son
temps, elle commence sa carrière de peintre par la voie jugée compatible avec
son sexe, la miniature et le pastel. Elle apprend la première technique en
entrant à quatorze ans dans l’atelier du miniaturiste
François-Elie Vincent (1708-1790), qu’elle connaît depuis l’enfance.
La
renommée de son premier maître facilite sans doute son admission à l’Académie
Saint-Luc vers l’âge de vingt
ans. Sa qualité de peintre de cette académie apparaît déjà sur le contrat de son
mariage, le 25 août 1769, avec Louis-Nicolas Guiard, vingt-sept ans,
« commis chez M. Bolliard de Saint-Julien, receveur général du Clergé de
France ».
L'Académie de Saint-Luc de Paris était, à
l'origine, une confrérie charitable des maîtres peintres et sculpteurs parisiens. Initialement fondée en 1391, elle a été
réactivée en 1649 par les corporations de peintres en s’inspirant des guildes
crées à Florence, en Allemagne et aux Pays-Bas, à l’instigation de Simon
Vouet qui avait fréquenté celle de Florence. Elle connut des périodes d’interdiction, au
profit de l’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée en 1648, mais
reçut en 1704 l’autorisation de disposer de chaires d’enseignement puis, en
1705, celle d’organiser des salons auxquels les peintres non académiciens (y
compris les femmes) avaient accès.
Elle dispensait aussi, le jour de la Saint Luc,
deux médailles d’argent à ses meilleurs élèves.
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Pour Adélaïde, cette année 69 est aussi celle des décès de sa mère et de sa sœur Félicité. Sa famille se réduit alors à son père et sa
sœur aînée, Victoire, tous les autres enfants ont déjà disparu.
C’est aussi en 1769
qu’Adélaïde sollicite les conseils du fameux pastelliste Maurice-Quentin de la Tour (1704-1788) qui la
trouve assez intéressante pour l’accepter comme élève. Elle dût faire de rapide
progrès puisqu’elle travaillait encore chez lui lorsqu’elle montra,
au Salon de l’Académie Saint-Luc en 1774, le Portait d’un magistrat,
peint au pastel « de grandeur naturelle », et le Portrait d’un
dame en miniature, son autoportrait. (cliquer pour agrandir)
Autoportrait – vers 1774
Aquarelle et gouache sur ivoire
The Tansey Miniatures Fondation
Bommann Museum, Celle
C’est
probablement à cette occasion qu’elle entre en concurrence, aux yeux de la
critique, avec Elisabeth-Louise Vigée et Anne-Rosalie Boquet.
Le
Mercure de France d’octobre 1774 n’est pas aussi dithyrambique à son
propos qu’à celui des deux virtuoses précitées mais il concède
cependant, à Mme Guiard : « Sa touche hardie, sa couleur brillante,
ses lumières larges et bien dégradées, ses contours purs et moelleux [qui] sont les
preuves d’un talent distingué qu’on assure ne devoir qu’à elle-même. »
Ce sera la dernière exposition de l’Académie Saint-Luc mais Adélaïde s’y est fait connaître.
Charles-Dominique-Joseph de Gibert – 1776
Pastel, 59,5 x 48 cm
Collection particulière
Source : Neil Jeiffares, Pastels & pastellistes avant 1800
Portrait de madame Lefranc peignant le portrait de son mari – 1779
Aquarelle et gouache sur ivoire, 6,5 cm de diamètre
Nationalmuseum, Stockholm
Portrait de la princesse de Montlear
Pastel, 80 x 64 cm
Fondation Bemberg, Toulouse
Sa
période miniaturiste sera cependant assez courte et elle complète sa formation auprès de son ami d’enfance et fils
de son premier maître, le peintre François-André Vincent (1748-1816), lauréat
du Grand Prix, de retour de son séjour à Rome en 1775 et qui fut agréé par
l’Académie royale, le 31 mai 1777.
Ce choix souligne l’ambition d’Adélaïde
de ne pas se cantonner à la peinture de dame. Mais, en attendant d’atteindre ses
objectifs, elle a accompli son entrée dans le monde artistique sans déroger aux
règles.
C’est
peu après qu’Adélaïde engage, devant le Châtelet de Paris, une procédure de
séparation de biens dont le jugement fut prononcé le 27 juillet 1779. Son mari est condamné à lui restituer sa dot de neuf mille livres et les trois
mille livres qu’elle lui avait prêtées avant son mariage. La séparation de fait
ne tarde pas et Adélaïde quitte le domicile conjugal pour aller s’installer rue
de Gramont.
Parallèlement,
grâce à la création du Salon de la Correspondance, venant opportunément
remplacer celui de l’Académie Saint-Luc, Adélaïde peut montrer, au mois de mai 1782,
ses œuvres au pastel : le Portrait du comte de Clermont-Tonnerre
et deux têtes d’études.
Le Salon de la
Correspondance
Le « Salon » du Louvre étant réservé
aux membres de l’Académie royale, l’Académie Saint-Luc de Paris avait reçu en
1705 l’autorisation d’organiser son propre salon, auquel les peintres non
académiciens, y compris les femmes, avaient accès. Mais l’Académie de
Saint-Luc ayant été supprimée en 1776, comme toutes les « communautés de
métier », les peintres se sont brutalement trouvés sans lieu
d’exposition.
La même année, un membre de la noblesse de robe,
Pahin de La Blancherie (1752-1811) qui se parait du titre « d’agent
général de la correspondance pour les sciences et les arts », crée le Salon
de la Correspondance, à la fois cercle littéraire proposant des
conférences littéraires et scientifiques ou des lectures publiques, et Musée
où, lors d’expositions hebdomadaires, on voyait les tableaux des artistes qui
n’étaient pas admis à l’Académie royale. Il publiait également une brochure,
intitulée Nouvelles de la république des Lettres et des Arts, où
figuraient les notices des œuvres exposées et des indications sur les
artistes.
Ce salon a fonctionné de 1781 à 1788, rue de
Tournon puis rue Saint-André-des-Arts à Paris.
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Tête de jeune femme (L’heureuse surprise) – 1779
Pastel sur papier marouflé sur toile, 54,6 × 44,5 cm
J.Paul Getty Museum, Los Angeles
Jeune dame en robe bleue rayée - 1780
Pastel sur papier, 62,2 x 51 cm
Collection particulière
(source : Neil Jeffares, Dictionnaire des pastellistes avant 1800)
Au
mois de juin 1782, Adélaïde y expose son Autoportrait au pastel et, non
seulement la jeune artiste est bien reçue (« Ces nouveaux ouvrages de Mme
Guiard ont confirmé la haute idée que nous avons donnée de ses talents dans ses
dernières feuilles » - Journal du Salon) mais sa confrontation avec
Elisabeth Vigée - Le Brun ne passe pas inaperçue : « Les portraits des
deux femmes artistes faits par elles-mêmes et que le hasard a réunis en
pendant, ont paru un spectacle très-piquant et qui a excité les murmures et
l’applaudissement des deux assemblées », peut-on lire dans les Nouvelles
de la République des Lettres et des Arts du 19 juin 1782.
Autoportrait – 1782
Pastel, 72 x 58 cm
Reproduit dans l’ouvrage d’Anne-Marie Passez, p. 16bis
Source : Gallica / Bibliothèque nationale de France
Ensuite,
Adélaïde s’attaque à l’Académie royale de peinture.
Sachant
que la partie sera difficile et qu’elle serait, comme les autres femmes,
soupçonnée de ne pas avoir exécuté elle-même ses toiles, elle sollicite des
académiciens pour exécuter leurs portraits - afin qu’ils puissent en certifier
l’auteur - et déclare à ceux qui lui conseillaient de se faire appuyer par le
ministre, « [qu’elle voulait] être jugée et non protégée ; que si [son]
talent n’était pas trouvé digne de l’Académie, [elle travaillerait] sans
relâche à le perfectionner. » Voilà qui a de l’allure !
Grâce
à François-André Vincent, elle obtient le soutien de Joseph-Marie Vien
(1716-1809), dont le prestige d’ancien directeur à l’Académie de France à Rome
est précieux. Ensuite, elle portraiture Augustin Pajou (1730-1809), ami de son propre père,
qu’elle représente modelant le buste de Lemoine. Elle expose le portrait du
premier en janvier 1783, celui du second en mars. La critique approuve :
« Nous félicitons Mme Guiard de la confiance que des hommes aussi distingués
témoignent en ses talents. »
Joseph-Marie Vien, peintre du roi – 1782
Pastel sur papier, 60 x 59 cm
Musée Fabre, Montpellier
Augustin Pajou modelant le buste de Jean-Baptiste II Lemoine – 1782
Pastel sur papier bleu,73,5 x 61,8 cm
Premier morceau de réception à l’Académie
(Adélaïde devra également réaliser un portrait à l’huile)
Musée du Louvre, Paris
Adélaïde est présentée à l’Académie par Alexandre Roslin, conseiller à l’Académie et
veuf de Suzanne Roslin (voir sa notice). Elle sera notamment soutenue par Vien, Vincent, Bachelier et Suvée dont elle a aussi peint les
portraits, également exposés au salon de la Correspondance.
Portrait en buste du peintre François-André́ Vincent – 1782
Pastel sur papier gris- bleu, 65,5 x 50 cm
Musée du Louvre, Paris
Portrait en buste du peintre Jean-Jacques Bachelier - 1782
Pastel sur papier gris-bleu marouflé sur toile, 61 x 49,7 cm
Musée du Louvre, Paris
Portrait de Joseph Benoit Suvée – 1782
Pastel, 60,7 x 50,5 cm
Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris
L’ Académie
royale de peinture et de sculpture,
créée en 1648, sous le règne de Louis XIV alors enfant, avait pour ambition
de former et rassembler les meilleurs artistes du royaume, en les libérant de
la tutelle de la « corporation », c’est-à-dire du statut d’artisan.
Les
plus doués étaient nommés académiciens, un titre prestigieux qui garantissait
protection et notoriété, grâce à la possibilité de participer à l’exposition
de l’Académie royale, dont la première eut lieu sans public en 1665. Après
plusieurs expositions dans des lieux différents, on l’installa en 1725 dans
le Salon carré du Louvre, d’où son nom de « Salon ». Il commençait
le jour de la saint Louis et seuls les académiciens pouvaient y exposer leurs
œuvres. Au cours de ses 145 années d’existence, l’Académie
n’éleva que quinze femmes au rang d’académicienne. La première est
Catherine Duchemin-Girardon, reçue en 1663. Les deux dernières sont Adélaïde
Labille-Guiard et Elisabeth Vigée-Le Brun, agréées en 1783, lors de la même
séance. Toutefois,
aucune femme n'assistait aux classes de dessin de nu masculin ou féminin
d’après modèle vivant, ni à celles de géométrie ou de perspective. Aucune femme
ne fut jamais reçue en peinture d’histoire (le genre le plus prestigieux) et, par voie
de conséquence, aucune n’a pu accéder à la fonction de professeur, c’est-à-dire
être membre du Conseil de l’Académie, siège du pouvoir
académique. L’Académie royale fut supprimée par décret de la Convention,
en 1793.
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Adélaïde reçoit aussi le soutien, peut-être intéressé, de Jean-Baptiste Pierre, premier
peintre du roi et adversaire farouche d’Elisabeth Vigée - Le Brun (voir sa notice
dans ce blog) dont il espérait ainsi écarter la candidature.
Les
académiciens votèrent quasi-unanimement pour Adélaïde (28 voix sur 32) mais le
roi intervint en faveur d’Elisabeth et les deux peintres furent admises le même jour, 31 mai 1783.
Par cette double nomination, le quota de quatre femmes (fixé en 1770 par
l’Académie, inquiète du développement des vocations féminines) était atteint,
mettant un terme aux espérances de toutes les autres artistes féminines de leur
génération…
Deux autres femmes étaient
déjà académiciennes : la miniaturiste
Marie-Thérèse Vien et la peintre de fleurs Anne Vallayer-Coster.
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Adélaïde
participe au Salon dès 1783. Elle y montre un autoportrait, sept portraits
d’académiciens et celui de Madame Mitoire avec ses enfants qui
remporte un grand succès, tant auprès de la critique que du public.
Madame Charles Mitoire avec ses enfants, allaitant l’un d’eux – 1783
Pastel marouflé sur toile, 92 x 72,5 cm
J. Paul Getty Museum, Los Angeles, Californie
Ce tableau illustre le thème de la mère de famille - qui plus est allaitante - en compagnie de son ou ses enfants, qui deviendra récurrent
dans la peinture de l’époque.
Marguerite Gérard peindra aussi plusieurs « scènes de
genre » sur ce thème, une quinzaine d’années plus tard.
Le
Louvre conserve une copie en miniature de cette scène :
Madame Charles Mitoire et ses enfants
Miniature sur ivoire – 7 cm
Musée du Louvre, Paris
Cette
réussite n’empêche pas la diffusion d'un pamphlet injurieux à l'égard des deux
nouvelles académiciennes, sous prétexte qu'elles exerçaient un métier d'homme
et vivaient séparées de leurs maris. A la demande d’Adélaïde, qui fait intervenir
ses relations, les coupables sont châtiés et les feuilles détruites.
Et, comme
cela deviendra l’habitude, la critique compare le talent
des deux nouvelles académiciennes. Elle reconnaît qu’Adélaïde « moins
flatteuse peut-être, a plus de vigueur et même plus de vérité » (Le
Véridique au Salon).
C’est
à cette époque qu’elle quitte son premier domicile pour s’installer au 139 de
la rue Richelieu, où elle peut disposer, à proximité, d’un atelier spacieux et haut de plafond que la sœur de
François-André Vincent met à sa disposition.
Elle
ouvre alors une école de peinture pour une dizaine de jeunes filles, dont
certaines deviendront d’excellentes pastellistes, parmi lesquelles
Marie-Victoire d’Avril (1755-1820), Madeleine Frémy (vers 1760-1788),
Marie-Thérèse de Noireterre (1760-1823), Jeanne Dabos née Bernard (1763-1842)
et Marie-Marguerite Carraux de Rosemond (1765-1788) et Marie-Gabrielle Capet
(1761-1818).
A
l’Exposition de la Jeunesse de 1783, le nombre et la qualité de ses élèves ne
passent pas inaperçus : « Tous
les ans, jour de la petite Fête-Dieu, il y a une exposition de tableaux à la place
Dauphine, qui décorent les environs d'un magnifique reposoir qu'on y construit.
C'est là où les jeunes gens qui ne sont encore attachés à aucune académie
viennent s'assayer (sic) & pressentir le goût du public. Celle-ci a été
plus nombreuse que de coutume, & par une singularité rare, il y avait des morceaux de neuf élèves
du sexe, de madame Guyard, toutes très-jolies & annonçant du talent ; ce
qui n'a pas peu contribué à attirer la foule. » (Mémoires
secrets, Tome 23, 25 juin 1783, p.23)
L'Exposition de la Jeunesse
L’exposition
(ou salon) de la Jeunesse avait lieu en plein air, tous les ans depuis 1722,
le jour de la petite Fête-Dieu, place Dauphine et sur le Pont-Neuf, de six
heures du matin à midi. S’il pleuvait, la manifestation était reportée à la
petite Fête-Dieu de la semaine suivante et, s’il pleuvait encore, à l’année
suivante. Les élèves
peintres pouvaient accrocher leurs œuvres aux tapisseries tendues sur le
passage de la procession. Cela
leur permettait de se faire connaître et de rencontrer un éventuel mécène.
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Marie-Gabrielle Capet et Marie-Marguerite de Rosemond, qu’elle considérait peut-être comme ses élèves les plus prometteuses, sont représentées en sa compagnie sur son fameux Autoportrait avec deux élèves, où trône également le buste de son père, Claude Labille, par Pajou. Un tableau qui apparaît aujourd’hui comme une œuvre-manifeste en faveur de l’enseignement artistique des femmes.
Marie-Gabrielle fit effectivement carrière comme pastelliste mais Marie-Marguerite mourut trois ans plus tard.
Autoportrait avec deux élèves – 1785
Huile sur toile, 210,8 x 115,1 cm
Metropolitan Museum of Art, New York
Au centre de la toile, Adélaïde, 33 ans, se présente en
professeur, ses élèves derrière elle.
Son regard dirigé vers le spectateur exprime la détermination
dont elle fait preuve en toute occasion et notamment lorsqu’elle s’est
présentée à l’Académie royale de peinture. Sa tenue, soignée et très féminine,
est aussi une affirmation de son statut social, celle de la bourgeoisie
montante, consciente de la valeur intrinsèque de son talent.
La signature est située à l'envers de la toile représentée sur le tableau. Ainsi, les deux tableaux, celui où elle se présente
en peintre et celui qu’elle est a peint, sont signés en même temps.
Au
Salon de 1785, le tableau fait sensation et la critique loue sa maîtrise :
« Cette Artiste est d’un mérite très-distingué
& très-rare, puisqu’elle a su joindre aux grâces de son sexe la vigueur
& la force qui caractérisent les Ouvrages de l’homme. » (Catalogue
Deloynes, n° 327, Salon de 1785.)
Adélaïde montre également
le portrait du peintre van Loo et une dizaine d’autres, également à l’huile.
Le peintre Charles-Amédée-Philippe van Loo (1719-1795) – 1785
Huile sur toile, 130 x 97 cm
Musée national des Châteaux de Versailles et du Trianon
Second morceau de réception d'Adélaïde à l’Académie, présenté au Salon de 1785
Van Loo était aussi
« ordonnateur » - on dirait aujourd’hui commissaire général – des
Salons de l’Académie
Pietro Antonio Martini (1739-1797) dessinateur et graveur
Coup d'œil exact de l'arrangement des Peintures au Salon du Louvre de 1785
Metropolitan Museum of Art, New York
On voit distinctement le Serment des Horaces de Jacques-Louis David, au centre,
ainsi que, un peu plus bas à gauche, le Portrait de la baronne de Crussol,
d’Elisabeth Vigée (voir sa notice). L’autoportrait aux deux élèves
d’Adélaïde est à droite, sous les trois grandes toiles du haut.
La
même année, Adélaïde, confrontée à des difficultés financières, formule une
demande de logement au Louvre, que sa qualité d’académicienne justifie. Elle
essuie un refus, motivé par le fait que son école de jeunes filles créerait une
cohabitation scandaleuse avec les artistes masculins du Louvre et nuirait à la
« décence ». En contrepartie, elle reçoit une pension de 1 000
livres dont elle n’est pas satisfaite. Elle insiste, sans résultat. Académicienne
oui, égale des académiciens, non.
(Je glisse ici deux charmants portraits de cette période, trouvés lors de mes recherches)
Portrait de femme – 1787/88
Huile sur toile, 67 x 35 cm
Musée Pouchkine, Moscou
Marie Emilie Louise Victoire de Coutances – vers 1787
Huile sur toile, 80 x 63,5 cm
Collection particulière
Adélaïde travaille pourtant à ses œuvres les plus prestigieuses : les portraits
des tantes du roi, Adélaïde et Marie-Thérèse, et d'Elisabeth, sœur du roi, lui valent une célébrité
accrue et le titre de « peintre de Mesdames » en 1787.
Elle
exécute également le portrait du duc de Choiseul, remarquable tant
pour sa qualité qu’en raison de l’importance historique du modèle, mort peu de temps après les séances de pose. Adélaïde en a
livré deux versions. Celle ci-dessous et une autre, plus petite
(72 x 56 cm), qui a été acquise en 2022 par le musée national du château de
Versailles.
Etienne-François, duc de Choiseul-Stainville (1719-1785), à son bureau - 1786
Huile sur toile, 146 x 114 cm
Waddesdon Manor, Buckinghamshire
Élisabeth Philippine de France, dite Madame Elisabeth (1764–1794) – vers 1787
Pastel sur papier bleu, 78,7 x 65,4 cm
Metropolitan Museum of Art, New York
Madame Élisabeth de France (1764–1794) – 1788
Huile sur toile, 81 x 63,6 cm
Musée national des Châteaux de Versailles et du Trianon
Adélaïde de France, fille de Louis XV,
peignant les portraits en médaillon de ses parents et de son frère décédés -1787
Huile sur toile, 271 x 195 cm
Musée national des Châteaux de Versailles et du Trianon
Au
Salon de 1787, le Journal général de France s’extasie en ces termes, devant
le portrait de Madame Adélaïde : « Ce tableau en grand est composé et
exécuté avec une vigueur et une fermeté mâle, qui supposent une étude longue et
réfléchie, mais la délicatesse d’âme ne s’y fait pas moins connaître. »
Et
vient l’inévitable comparaison entre les deux académiciennes : « Mme
Guyard, qui suit pas à pas sa rivale, ne se montre pas avec moins d’éclat à
cette exposition ». (Les petites affiches de Paris)
L’auteur
des Mémoires secrets prend clairement position en faveur d’Adélaïde :
« On conçoit qu’un tel sujet exigeait un style austère : il y règne une
mélancolie douce qui, loin de repousser le spectateur, l’attire et l’intéresse.
(…) Ce tableau n’attire pas la multitude comme celui de la reine [Portrait
de Marie-Antoinette et ses enfants d’Élisabeth Vigée-Le Brun], mais
plaît davantage aux connaisseurs. »
Le Salon de 1789 n’est pas moins satisfaisant
pour Adélaïde. Elle y montre la portrait de Madame Victoire et celui de sa sœur
décédée, Louise Elisabeth.
Certes, Elisabeth Vigée-Le
Brun brille de tous ses feux mais le Journal général de France du 22
septembre 1789, après avoir loué Elisabeth, ajoute : « Mme Guiard, sa
digne rivale, paraît toutefois la surpasser par une touche presque virile mais
on est entraîné devant les tableaux de Mme Le Brun par ce goût séducteur propre
au beau sexe, que les hommes ne peuvent atteindre. » (Sans commentaire…)
En résumé, Elisabeth
plaît au public et Adélaïde remporte les suffrages de la critique.
Marie-Thérèse-Victoire de France, dite Madame Victoire, fille de Louis XV – 1788
Huile sur toile, 241 x 165 cm
Musée national des Châteaux de Versailles et du Trianon
La princesse est face à une statue représentant l’Amitié, sur
le piédestal de laquelle figure l’inscription : « Précieuse aux humains et chère aux
Immortels, J'ai seule, près du Trône, un Temple & des Autels. »
Portrait de Louise Elisabeth de France, duchesse de Parme – 1788
Dit aussi Portrait de Madame Infante
Huile sur toile, 272 x 160 cm
Musée national des Châteaux de Versailles et du Trianon
Il s’agit d’un portrait rétrospectif, commandé par le roi. La
princesse était morte vingt-neuf ans auparavant. Son ombre portée sur le mur
est symbolique de sa disparition.
Les
œuvres présentées à ce Salon, créées l’année précédente, ne portaient pas
encore la marque de la Révolution déjà en marche. Début octobre, Elisabeth
Vigée-Le Brun quitte Paris pour l’Italie (voir sa notice), Adélaïde reste à
Paris et finit ses travaux en cours mais les commandes sont inexistantes.
Le
début de l’année 1790 est difficile, tant au plan financier qu’à celui de la sécurité.
Adélaïde obtient un vaste atelier à la Bibliothèque royale, au rez-de-chaussée de la rue
Colbert, plus proche de son domicile mais à titre précaire. Elle y peint le Portait
de Madame de Genlis et celui de la duchesse d’Aiguillon.
Portrait de Stéphanie-Félicité Ducrest de Genlis, marquise de Sillery – 1790
Huile sur toile, 73,9 x 60 cm
County Museum of Art, Los Angeles
Madame de Genlis (1746-1830) était un personnage remarquable. Dotée
de multiple talents, excellente musicienne, elle fut dame de compagnie de la
duchesse de Chartres (future duchesse d’Orléans) et chargée de l’éducation de
ses enfants, dont le futur Louis-Philippe, auxquels elle appliqua des préceptes
éducatifs assez rigoureux.
Autrice d’ouvrages de pédagogie, elle y expliquait notamment l’importance de la pratique artistique dans l’éducation des filles. Ses ouvrages connurent un grand succès dans
les années précédant la Révolution mais elle subit aussi des attaques assez
virulentes contre son activité littéraire. Adélaïde partageait sans doute ses convictions sur l'éducation des filles.
Portrait de la duchesse d’Aiguillon – 1790
Huile sur toile, 73 x 60 cm
Collection particulière (vente 2018)
Ce tableau était probablement le pendant du portrait du mari
de la duchesse, Armand-Désiré de Vignerot du Plessis de Richelieu, duc
d’Aiguillon, qu’Adélaïde présenta au Salon de 1791, avec plusieurs autres
portraits de députés de la Constituante (voir ci-dessous). Cet aristocrate fut
l’un des premiers à rejoindre le Tiers Etat en 1789 et à voter l’abolition des
privilèges.
Marie-Gabrielle
Capet fit une copie en miniature du portrait du duc, on peut le voir
aujourd’hui au musée de Caen (voir la notice de Marie-Gabrielle, dans ce blog).
Adélaïde
prend une part active aux discussions au sein de l’Académie qui opposent le « parti
des réformateurs » - dont elle est - favorable à une refonte des statuts
académiques autour de la notion d’égalité (entre
les sexes, mais aussi entre artistes et genres picturaux) et le « parti
radical », mené par Jacques-Louis David, qui réclame l’abolition de
l’Académie pour « libérer les talents », l’organisation d’épreuves et de
concours officiels.
David en profite pour proposer l’exclusion des femmes car « il serait impolitique et
dangereux que les récompenses et les encouragements assignés pour les arts sur
les dépenses publiques excitassent les femmes à préférer la carrière des arts à
leur véritable vocation, aux fonctions respectables et saintes d’épouse, de
mère, de maîtresse de maison. » (Cité dans Sofio, Séverine. La
vocation comme subversion. Artistes femmes et anti-académisme dans la France
révolutionnaire, Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 168,
no. 3, 2007, pp. 34-49.)
Je
n’en dirai pas davantage sauf pour souligner que David soutenait la position inverse à l’égard des femmes quelques années auparavant,
dans le même objectif de déstabilisation de l’Académie ! La querelle se soldera
par l’abolition de l’Académie par la Convention en 1793 et la création d’un
Institut exclusivement masculin en 1795…
En
janvier 1791, Mesdames quittent la France, laissant à Adélaïde des portraits
commandés et impayés.
Dans
le même temps, Adélaïde négocie le tournant révolutionnaire avec habileté,
n’hésitant pas à afficher son soutien à l’Assemblée nationale en lui faisant
une donation patriotique. Puis, comme elle l’avait fait neuf ans plus tôt avec
les académiciens, elle sollicite les députés, dont Robespierre et Talleyrand,
pour peindre leurs portraits et expose ceux de quatorze députés au Salon
de 1791, un salon débordant d’œuvres puisque, depuis un décret du mois d’août,
tous les artistes français et étrangers peuvent y exposer. Les femmes,
précédemment interdites de Salon, à l’exception des quatre académiciennes, y
sont également présentes (près de 12 % des exposants).
Portrait présumé de Marie-Jean Hérault de Séchelles – vers 1791
Huile sur toile, 65 x 54 cm
Collection particulière (vente 2020)
Marie-Jean Hérault de Séchelles (1759-1794) est élu à la
Convention par deux département et opte pour la Seine-et-Oise. Il siège
avec les Montagnards, est membre du Comité d’instruction publique et du Comité
de sûreté générale et devient président de l’Assemblée du 1er au 15 novembre 1792.
Il vote la mort du roi par lettre, étant absent lors du scrutin. Condamné à
mort par le Tribunal révolutionnaire comme « dantoniste », il est
guillotiné en avril 1794.
Maximilien de Robespierre – 1791
Huile sur toile, 73,5 x 67,5 cm
Musée national des Châteaux de Versailles et du Trianon
Philippe Chéry, comparant ce portrait à celui du peintre Boze
qui avait eu pour la première fois accès au Salon, conseilla à Robespierre de
« s’en tenir aux dames pour faire tirer son portrait ; en effet M.
Boze l’a raté et de ce côté-là il n’a pas à se plaindre de Mme Guiard ». (La Béquille de Voltaire, n° 215, p.49)
A
la fin du Salon, deux commandes publiques sont passées à deux peintres,
probablement considérés comme les plus engagés. Il s’agit de réaliser deux toiles, une pour la salle
du Conseil et l’autre pour celle de l’Assemblée législative, représentant le
roi recevant la Constitution. Les peintres choisis sont Jacques-Louis David et
Adélaïde Labille-Guiard, qui représentent les deux tendances qui se sont
affrontées sur l’évolution de l’Académie : David, co-fondateur de la
Commune des Arts, membre du club des Jacobins et peintre quasi-officiel de la
Révolution, Adélaïde, proche des modérés, qui a milité pour la création d’une
Académie réformée et égalitaire.
Cette
commande n’aura pas de suite mais elle me paraît significative de la place
prise par Adélaïde sur la scène artistique de l’époque.
Tourmentée
par l’absence d’institutions permettant aux jeunes filles sans fortune de
gagner honnêtement leur vie, Adélaïde a adressé à l’Assemblée nationale un
mémoire sur l’éducation des jeunes filles, cité par Talleyrand dans son Rapport
sur l’Instruction publique : « On peut offrir aux départements,
comme modèle de ce genre d’établissement, un mémoire […] par une artiste
ingénieuse (Adélaïde) qui, dans cet ouvrage, a su anoblir les arts en les
associant au commerce et en les appliquant aux progrès de l’industrie. »
Les
bonnes relations qu’Adélaïde avait entretenues avec les députés de la
Constituante ne valant pas protection perpétuelle, Adélaïde et
François-André Vincent « achètent la jouissance » d’une maison de
Pontault-en-Brie et d’un parc de 25 ha, planté de 3 000 arbres fruitiers,
le 8 mars 1792. Ils y font retraite en compagnie de deux de leurs élèves Marie-Gabrielle
Capet et Marie-Victoire d’Avril, en dépit des tracasseries de la municipalité,
dirigée par un révolutionnaire « enragé ». La situation se pacifie
grâce à un don de 25 livres, destiné à l’achat d’un fusil « pour être
disposé par la municipalité de Pontault en faveur d’un citoyen qu’il jugerait à
propos ». (!)
Le
divorce ayant été autorisé par la loi du 20 septembre 1792, Adélaïde le demande
et l’obtient, le 12 mars 1793.
Elle
apprend avec indignation qu’une de ses œuvres importantes, à laquelle elle
avait consacré deux ans de travail et qui ne lui avait jamais été payée, La
Réception d’un chevalier de l’Ordre de Saint-Lazare par Monsieur, avait été
réquisitionnée et détruite sur ordre (arrêté du 11 août 1793).
Adélaïde,
malade, n’expose pas au Salon de 1793 et, tandis que les exécutions se multiplient, cesse de peindre jusqu’en 1795.
Elle
rencontre alors Joachim Lebreton, chef du bureau des musées à l’Instruction
publique. Il lui accorde l’atelier du Louvre qu’on lui avait refusé sous
l’Ancien régime et lui attribue une pension de 2 000 livres. Pour le
remercier, elle fait son portrait, qu’elle montre au Salon de 1795, avec ceux
d’autres citoyens, comme le médecin Baignière et l’architecte Sylvestre.
Portrait de Joachim Lebreton -1795
Huile sur toile, 73 x 59,7 cm
Nelson-Atkins Museum, Kansas City
En
1796, elle reprend ses pastels pour exécuter le portrait d’Henri de Saint-Simon
mais n’expose pas.
Au
Salon suivant de 1798, elle montre plusieurs portraits de l’élite scientifique,
le Professeur Charles faisant une démonstration d’optique, le Citoyen
Janvier, mécanicien astronome et un portrait de Mlle Capet peignant une
miniature (voir sa notice). Ils sont bien reçus, « vous y trouverez tout le talent de la
citoyenne Guyard : de l’esprit, de la vérité, la touche d’un
maître. » mais la gloire est passée : « Mesdames Guyard et Le
Brun, dont les talents motivent une exception, ne sont pas admises au premier
rang, on voit s’y placer des maîtres naguère élèves, le plus âgé n’a pas trente
ans. »
L’année
suivante, elle expose plusieurs portraits de la nouvelle classe politique (avocat,
comédien) et
une Citoyenne Ch***, tenant dans ses bras son enfant qu’elle nourrit.
Il
se pourrait bien qu’il s’agisse de cette Madame Charlot :
Portrait présumé de Madame Claude Charlot
et de son fils Nicolas François – 1799
Huile sur toile, 118 x 90 cm
Collection particulière
Mais elle est à peine citée par la critique et toujours avec son
élève, Marie-Gabrielle Capet. Elle expose pour la dernière fois en 1800,
l’année où elle s’installe avec Marie-Gabrielle dans un logement d’artiste du
Louvre où François-André Vincent vient les rejoindre, après son mariage avec
Adélaïde.
Lors
de ce dernier salon, elle apparaît pour la première fois comme « Mme
Vincent, née Labille, ci-devant Guiard, élève de son mari » (c’est moi
qui souligne !)
En
mars 1802, un décret ministériel impose la libération de tous les logements du
Louvre. Le couple déménage alors de l’autre côté de la Seine, au Pavillon du
Couchant, collège des Quatre-Nations, dans deux appartements distinct de cinq
pièces chacun et bénéficie de la jouissance de deux ateliers, l’un au Louvre,
l’autre à l’Institut.
Adélaïde
ne profite guère de ces nouvelles dispositions : après deux mois d'une
maladie foudroyante, elle rend son dernier souffle le 8 avril 1803, à 53
ans.
*
L’œuvre
localisé d’Adélaïde compte aujourd’hui une centaine d’éléments, dont une
dizaine de magistraux portraits en pieds. Pourquoi
est-elle à ce point méconnue ?
Son effacement est probablement lié à l’aveuglement des jugements du XIXe siècle sur l’œuvre des
femmes : en 1878, deux tableaux d’Adélaïde, dont son superbe Autoportrait
avec deux élèves, sont légués au Louvre qui les refuse (grâce à quoi l’Autoportrait en question se trouve aujourd’hui au MET…).
Il faut attendre 1902 et l’article du baron Portalis (Adélaïde
Labille-Guiard, Gazette des Beaux-Arts, 1901-1902, consultable en ligne)
pour qu’il soit envisagé de « reconnaître ses belles qualités » et de lui restituer « le rang qu’elle mérite parmi les artistes les plus
agréables et les plus désirés de la fin du XVIIIe siècle ».
Ce n’est qu’en 1973 qu’est publiée la thèse d’Anne-Marie Passez (dont l’ouvrage est cité à la fin de la présente notice) mais Adélaïde reste
absente de toutes les grandes expositions relatives au portrait du XVIIIe
siècle et c’est en Amérique qu’elle est enfin montrée dans l’exposition Royalists to Romantics : Women Artists from
the Louvre, Versailles, and Other French National Collections, du National Museum of Women in the Arts de
Washington, en 2012.
Elle est présente, avec quelques portraits, dans
l’exposition d’Elisabeth Vigée-Le Brun, au Grand Palais en 2015 et apparaît
aussi dans la dernière exposition du musée du Luxembourg, Peintres femmes, naissance d’un combat
(1780-1830), en juillet
2021. Autrement dit, dans l’ombre de sa « rivale » ou parce qu’elle
est une femme.
Ne
serait-il pas temps de lui rendre sa place d’académicienne, d’excellente
portraitiste et de peintre ambitieuse et engagée dans les combats de son époque ?
Je
termine par deux portraits de femmes inconnues, que l’on peut voir dans des musées
français. Je trouve le second particulièrement admirable. Il fut longtemps attribué - mais faut-il
s’en étonner - à Elisabeth Vigée-Le Brun…
Portrait de femme – 1780/88
Huile sur toile, 60 x 49 cm
Musée des Beaux-Arts de Carcassonne
Portrait de femme – vers 1787
Huile sur toile, 100,6 x 81,4 cm
Musée des Beaux-Arts de Quimper
*
Pour écrire cette notice, j’ai travaillé avec l’ouvrage
et des articles suivants, consultables en ligne :
Passez Anne-Marie, Adélaïde
Labille-Guiard, biographie et catalogue raisonné de son œuvre. Arts et
Métiers graphiques. 1973. Seule la première partie est en ligne :
URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3402901p/f7.highres
Guichard Charlotte, « La signature dans le tableau aux XVIIe et XVIIIe
siècles : identité, réputation et marché de l'art », Sociétés
& Représentations, 2008/1 (n° 25), p. 47-77. DOI : 10.3917/sr.025.0047.
URL : https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2008-1-page-47.htm
Bonnet Marie-Jo, « Femmes peintres à leur travail : de l'autoportrait comme
manifeste politique (XVIIIe-XIXe siècles) », Revue d’histoire
moderne & contemporaine, 2002/3 (no49-3), p. 140-167. DOI :
10.3917/rhmc.493.0140.
URL : https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2002-3-page-140.htm
*
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