dimanche 11 janvier 2026

Kay Sage (1898-1963)

 

Small Portrait (Petit portrait) – 1950
Huile sur toile, 36,8 x 28,9 cm
Frances Lehman Loeb Art Center, Vassar College, Poughkeepsie, New York


Katherine (Kay) Linn Sage est née le 25 juin 1898 à Waterliet, près d’Albany, État de New York, dans une famille très aisée mais qu’on définirait aujourd’hui comme « dysfonctionnelle ». C’est elle qui le dit, avec ses mots, dans un texte qu’elle a écrit en 1955, Les Œufs de porcelaine. Toutes les citations de Kay sont issues de cet ouvrage.

Elle y décrit son père, Henry Manning Sage, issu d’une famille d’origine française, très riche « car ils possédaient des forêts de séquoias » dont il faisait commerce en tant que président de la Sage Land and Improvement Company. Lors de la naissance de Kay, il est membre de l’Assemblée de l’Etat de New York et sera élu sénateur un peu plus tard.  Sa mère, Anne Ward, « séduisante, intelligente et têtue », l’avait épousé à dix-huit ans, « pour son argent et pour la position sociale que ce mariage lui procurait. »

La famille de son père, « des puritains, à l’esprit étroits, névrosés et mesquins », n’a jamais accepté sa mère, « c’était une paria, pas du tout à la hauteur de leurs principes moraux ». En retour, Kay voue à la famille un secret mépris : « J’avais quatre oncles et tantes qui se sont arrangés pour me donner vingt-quatre cousins germains. Je les détestais tous. A tous ces cousins, sans exception, j’ai refilé la rougeole une année, à Pâques, ce qui m’a réjouie. »

Avec sa sœur, d’un an et demi son aînée (dont elle ne cite jamais le prénom), Kay parle en français, appris avec les bonnes françaises et une gouvernante alsacienne qui ne parvient pas à leur inculquer trois mots d’allemand. « On devait parler allemand un jour sur deux, alors un jour sur deux, je n’ouvrais pas la bouche. » Personne ne s’aperçoit de rien car les deux fillettes n’intéressent pas grand-monde. Il faut dire aussi que Kay, qui se sait pleine de charme, a bien compris ce qu’on attendait d’elle : « Je ne voulais pas plaire, je voulais qu’on me fiche la paix, et le meilleur moyen pour qu’on vous fiche la paix, c’est que tout le monde soit content. Si on me voulait rouge ou bleue, je devenais rouge ou bleue, c’était mon meilleur moyen de défense. »

La scolarité des fillettes n’est pas de tout repos : « Chaque année, on me retirait de l’école au milieu de l’année scolaire parce que ma mère voulait aller en Europe. » Mais Kay, dotée d’une intelligence brillante et d’une mémoire d’éléphant, passe haut la main ses examens de passage de fin d’année. Et elle adore partir : « les seules fois où j’ai été vraiment heureuse, c’est dans le bateau qui m’emmenait en Europe ».  A Paris, près de l’hôtel Regina où descendait sa mère, elle voyait « la statue de Jeanne d’Arc, tout en or, c’était pour moi, purement et simplement, la plus belle chose du monde. Paris était ma ville, elle m’appartenait totalement et exclusivement. »

Ensuite, sa mère voyage de plus en plus souvent et longtemps. « J’ai fréquenté diverses écoles en fonction du lieu où ma mère voulait vivre, si bien que je n’ai jamais eu le temps de me faire beaucoup d’amis, outre le fait que je vivais la plupart du temps en Italie. » Sauf vers ses neuf ans, quand elle fait un voyage en Egypte où elle tombe amoureuse d’un drogman appelé Mohamed. Kay est assez souvent « éperdument amoureuse ».

Elle a dix ans lorsque ses parents divorcent. Sa sœur reste avec son père, Kay avec sa mère. Elles vivent quelques temps à San Francisco où Kay, constamment livrée à elle-même, est agressée par un exhibitionniste. « Beaucoup de craintes qui m’ont hantée toute ma vie ont leur origine, pour une part, dans ce séjour à San Francisco. »

Après San Francisco, c’est New York, dans un grand appartement où sa mère, socialement ostracisée, ne voit que des « gens bizarres ». Puis, sa mère devient morphinomane, « Elle avait commencé par être séduisante, courageuse, large d’esprit et intelligente. A la fin, elle n’était plus rien de tout cela » et c’est la descente, plus d’appartement, de bonnes, etc. Heureusement, il y a l’Italie, pour le grand bonheur de Kay : « Si Paris était ma ville, l’Italie était mon pays, j’y ai été heureuse plus que partout ailleurs. » (…) « On louait tous les ans la même villa, j’avais l’impression de revenir à la maison. »

 

Photo d’identité signée


En 1914, Kay a fini ses études secondaires et réussi son examen d’entrée à l’université. Mais elle ne veut pas y aller et sa mère n’a aucune envie de se séparer de sa fille. Les voilà parties en Floride où sa mère s’est entichée d’un ostéopathe local. Kay s’y ennuie à mourir jusqu’à l’entrée en guerre des Etats-Unis, en 1917. Elle est alors embauchée au Bureau de la Censure pour « lire des lettres », grâce à sa pratique des langues étrangères, français et italien.

Pendant ce temps, elle peint « tout le temps. Rien de très important mais j’y pensais sans cesse. Tu connais l’histoire de Whistler à qui on demande combien de temps il a mis pour peindre certain tableau ; il répond : "quarante ans et une demi-heure." »

En 1919, parce qu’elle est amoureuse d’un homme qui vit à Washington, elle s’inscrit à la Corcoran Art School où elle dessine d’après des moulages en plâtre. « Je n’ai jamais vu un professeur, probablement parce que je venais trop rarement. »

 

Etude d’anatomie à partir de moulage en plâtre – vers 1920
Crayon sur papier, 46,9 x 62,2 cm
Mattatuck Museum, Waterbury, Connecticut


« J’ai décidé qu’il me fallait aller à Rome pendant l’hiver, pour y étudier. Je ne sais pas pourquoi, j’avais peur de Paris. C’est dommage. »

A Rome, elle rencontre un artiste, Oronato Carlandi, « assez vieux pour avoir combattu aux côtés de Garibaldi et ce qui m’a inspirée, ce n’est pas sa peinture, mais sa philosophie. » « Il m’a appris à penser comme je n’aurais pas cru en être capable. Il était le chef d’un groupe connu sous le nom de I venticinque della campagna romana (les vingt-cinq de la campagne romaine) ». Avec eux, elle va peindre dans la campagne. Il ne reste aujourd’hui que quelques dessins au musée Mattatuck, dépositaire de son fond d'atelier. Kay a détruit presque toutes ses huiles de cette époque.

 

Eglise – vers 1922
Fusain, crayon et craie, 48,8 x 35,8 cm
Mattatuck Museum, Waterbury, Connecticut


Bâtiments dans une rue – 1926
Pastel sur papier, 40,6 x 30,4 cm
Mattatuck Museum, Waterbury, Connecticut


Il reste quelques Intérieurs aussi…

 

Intérieur – sans date
Aquarelle sur papier
Mattatuck Museum, Waterbury, Connecticut


… et quelques portraits. On ne sait pas pourquoi elle les a conservés.

 

Jeune fille en robe noire (1921) et Jeune fille en robe orange (vers 1922)
Huiles sur toile, 59 x 49 cm et 53 x 45 cm
Mattatuck Museum, Waterbury, Connecticut


Elle « tâte » deux académies de peinture, dont la Scuola Libera delle Belle Arti, mais sans conviction, elle s’y sent mal à l’aise. Un jour, en promenant son chien, elle rencontre deux jeunes gens dont l’un lui apparaît « comme l’être le plus beau qu’il m’eût jamais été donné de voir. (…) A cet instant précis, je suis tombée follement amoureuse de lui. » Elle remue ciel et terre pour le retrouver, y parvient. C’est un prince italien, Ranieri di San Faustino, qu’elle épouse le 30 mars 1925.


Photographe inconnu
Kay Sage en Italie, années 1930


Dès lors, elle ne touche un pinceau que très occasionnellement, trop occupée par sa vie mondaine (qu’elle examine en détail et sans concession dans Les Œufs de porcelaine) jusqu’à sa visite, en 1932, à la Biennale d’art contemporain de Venise, où elle découvre les œuvres de Giorgio de Chirico. Hélas pour nous, c’est aussi la première Mostra de l’art cinématographique. On n’a parlé que de ça dans la presse : impossible de trouver qui exposait quoi, en peinture. Je place ici une œuvre qui aurait pu y figurer mais je n’en sais rien.

 

Giorgio de Chirico (1888-1978)
L’Incertitude du poète – 1913
Huile sur toile, 106 × 94 cm
Tate Modern, Londres


A partir de cette découverte, Kay reprend timidement ses crayons. Cet Arbre tordu, posé sur deux jambes, constitue un fragile témoignage d’une inspiration à mi-chemin entre ses premières œuvres figuratives et la surréaliste qu’elle deviendra plus tard.

 

Arbre tordu – années 1930
Crayons sur papier
Mattatuck Museum, Waterbury, Connecticut


Quelques temps plus tard, Kay se remet à l’aquarelle pour illustrer son premier livre, Piove in giardino (il pleut dans le jardin), un récit poétique pour enfant dédié à son neveu par alliance.

 

Kay di San Faustino (Kay Sage)
Piove in giardino
Poèmes et 19 illustrations dont 1 aquarelle originale en frontispice
Edizioni del Milione, Florence, 1937


Je ne sais pas comment elle a rencontré l’écrivain Ezra Pound (1895-1972). La première fois qu’elle l’évoque dans son livre, il est en train de jouer aux échecs, un jeu qu’elle aurait aimé pratiquer davantage. Il la traite sans ménagement et elle finit par ne plus le voir parce qu’il était « violemment et déraisonnablement antisémite. » Et s’il semble qu’il l’ait poussée à se remettre à peindre, elle n’a pas souhaité s’en souvenir ensuite.

« Notre mariage n’a pas sombré, il s’est usé sur les galets. » C’est par ces simples mots que Kay annonce sa rupture prochaine avec celui qu’elle appelle X dans ses mémoires, peut-être parce qu’à l’époque, il était toujours vivant. Puis vient la mort de sa sœur, en 1934, la seule date indiquée dans le livre : « cette année-là, le monde s’est écroulé pour moi. » Le manuscrit s’interrompt brutalement, quelques lignes plus tard. Kay n’a pas voulu en dire davantage, peut-être considérait-elle que sa « vraie vie » avait commencé à ce moment-là.

En 1935, elle divorce et recommence à peindre. Dès l’année suivante, elle expose six huiles abstraites à la Galleria del Milione de Milan, sa première exposition, en compagnie d’un ami, le sculpteur Heinz Henghes (1906-1975) dont elle ne pas dit un mot non plus dans ses mémoires.

 

Heinz Henghes (1906-1975)
Eothea – 1934
Marbre de Carrare, H : 98 cm
Collection particulière


A l’époque, Kay travaille principalement l’abstraction géométrique. Les premières œuvres que j’ai trouvées d'elle datent de l’année suivante.

 

Vorticist Sketch – 1937
Huile sur bois, 10,5 x 15,8 cm


Les Rouleaux – 1937
Huile sur toile, 64,8 x 50,2cm
Collection particulière (vente 2004)

 

La même année, elle se rend à Londres pour l’Exposition internationale des surréalistes qui ouvre en juin aux New Burlington Galleries.

Elle peut y contempler, (en plus de quelques œuvres de Sophie Tauber-Arp, Meret Oppenheim, Dora Maar, Eileen Agar et Leonore Fini !) douze œuvres de Chirico, autant de Dali, de Max Ernst, Magritte, Miro, Masson, Picabia, Picasso et… dans la douzaine d’œuvres de Tanguy, celle qui paraît s’adresser à elle-même, qui a toujours été sensible aux « signes du destin » : Je vous attends. Elle en fera l’acquisition ensuite. (Cliquer pour agrandir)


Yves Tanguy (1900-1955)
I am Waiting for you (Je vous attends) – 1934
Huile sur toile, 72,4 x 114,3 cm
Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, Californie


Kay décide de s’installer à Paris. Elle acquiert dès cette époque une œuvre, La Surprise, de celui qu’elle admire et qui, probablement, aura le plus d’influence sur son art, Giorgio de Chirico.

 

 

Giorgio de Chirico (1888-1978)
La Surprise – 1914
Huile sur toile, 104 x 73,8 cm
Williams College Museum of Art, Williamstown, Massachusetts


Et elle se met à peindre sérieusement. Assez sérieusement pour que six de ses toiles soient acceptées au Salon parisien des Surindépendants de 1938. On sait qu’elle y présente notamment Afterwards, une œuvre qui paraît encore proche de l’abstraction géométrique, des formes empilées de tailles variées, dans un équilibre précaire, mais qui semblent converger vers un point de fuite situé dans la partie supérieure de la toile où s’ouvre une portion de ciel bleu.


 

Huile sur toile, 90,8 x 72,1 cm
Colorado Springs Fine Arts Center at Colorado College, Colorado


Elle a peint aussi à cette période deux autres toiles, Monolithe, qui annonce les grands espaces de ses œuvres postérieures, et l’étrange empilement de A Little Later où apparaissent, pour la première fois, les œufs, un des motifs récurrents de ses débuts.

 

Monolithe – 1937
Huile sur toile, 92,3 x 71 cm
Albany Institute of History & Art, Albany, New York


A Little Later (Un peu plus tard) – 1938
Huile sur toile, 91,4 x 71 cm
Denver Art Museum, Denver, Colorado

Ne demandez pas à quoi peut bien servir cet empilement ; quelle peut bien être la fonction de l’engrenage ; quelle est la raison d’être de ces œufs qui défient les lois de la gravité. Kay ne le dira jamais ; elle laisse toutes les questions ouvertes. Elle n’évoque qu’une fois sa fascination pour les œufs dans ses mémoires (si on peut appeler cela une explication) : « Mon père avait une magnifique collection d’œufs d’oiseaux, installée sur du beau sable blanc dans les tiroirs d’un petit meuble. Il les avait rassemblés dans sa jeunesse pour le simple plaisir de savoir quelles sortes d’oiseaux pondaient quelle sortes d’œufs. Il les avait enlevés des nids. » (…) « un par un, et à intervalles variés, je prenais les œufs qui me plaisaient. Mon père n’a jamais rien remarqué. » Et elle rangeait les œufs dans un petit panier qu’elle traînait partout en voyage.


André Breton et Yves Tanguy ont visité ensemble l’exposition des Surindépendants et remarqué les toiles de Kay. Ils ne la connaissaient pas et sont repartis persuadés d’avoir vu les œuvres d’un homme. Aucune femme n’aurait pu peindre quelque chose d’aussi froid et mécanique !

Il semble que ce soit Heinz Henghes qui ait présenté Kay à ses amis surréalistes. Bien sûr, Breton a immédiatement déclaré que Kay n’était pas surréaliste (on connaît sa tenace misogynie). Tanguy, en revanche, tombe sous le charme.

Kay n’a pas de problème de revenus, son père lui assure une rente confortable ; elle s’est installée dans l’île Saint-Louis où elle donne des soirées mondaines. Les surréalistes ne se font pas prier pour y participer, même s’ils méprisent les goûts bourgeois de l’hôtesse… Kay et Tanguy commencent leur vie commune. Il est marié, cela ne paraît pas l’avoir retenu.

Les œuvres de Kay, l’année suivante, me paraissent fortement influencées par Chirico : formes biomorphiques, paysages irréel, et ce titre bizarre, Tumble-Weed que je ne sais trop comment traduire…

 

Huile sur toile, 35 x 26,6 cm
Collection particulière (vente 2017)

 

This Morning (Ce Matin) – 1939
Huile sur toile, 26,8 x 35 cm
Collection particulière (vente 2001)

 

Lorsque la guerre éclate, Kay rentre aux Etats-Unis et met tout en œuvre pour accueillir ses amis (même ceux qui ne le sont objectivement pas…) Tanguy, bien sûr mais aussi Roberto Matta et sa femme, et enfin, en 1941, Breton et Jacqueline Lamba auxquels elle trouve un logement à New York. Elle s’efforce aussi, avec l'accord d'Yvon Delbos, alors ministre français de l'Education nationale, de mettre en place un programme d’expositions pour les artistes étrangers. Comme l’écrit Judith D. Suther, qui a étudié particulièrement l’aspect littéraire de son travail, « elle agissait non pas comme une mécène ou une bienfaitrice, mais comme une artiste inconditionnellement engagée envers les valeurs de sa famille artistique. »

Pierre Matisse, le fils d’Henri, organise la première exposition de Kay aux Etats-Unis en juin 1940, dans sa galerie du Fuller Building, à New York. Elle y a probablement montré ces deux œuvres qui inaugurent les grands espaces vides et inquiétants qui seront sa marque des années 1940.

 

Noone Heard Thunder (Personne n’entendit le tonnerre) – 1939
Huile sur toile (dimensions non communiquées)


Et peut-être aussi cette autre toile dont je ne suis pas parvenue à trouver le lieu de conservation mais qui est bien connue en raison de son titre qui est aussi celui d’un poème de Kay qui laisse transparaître une sorte d’impossibilité. Si l’œuf représente Kay, elle n’est pas près de sortir de sa chambre.


My Room Has Two Doors (Ma chambre a deux portes) – 1939
Huile sur toile
Lieu de conservation inconnu


My room has two doors / and one window. / One door is red and the other is gray.                               I cannot open the red door ; / the gray door does not interest me.                                                   Having no choice, / I shall lock them both / and look out of the window.

Ma chambre a deux portes / et une fenêtre. /Une porte est rouge et l'autre grise.                                 Je ne peux pas ouvrir la porte rouge ; / La porte grise ne m'intéresse pas.                                   N'ayant pas le choix, / Je vais les fermer toutes les deux / Et regarder par la fenêtre.

Vous n’êtes pas plus avancés ? Moi non plus. Mais les tonalités, les ombres portées qui suggèrent une présence architecturale invisible, en plus de celle qui bloque déjà l’horizon, tout cela évoque bien davantage Chirico que Tanguy, dont, pourtant, on n’a cessé d’écrire ensuite qu’il l’avait influencée…

 

Giorgio de Chirico (1888-1978)
Le génie maléfique d’un roi – 1914/1915
Huile sur toile, 61 x 50,2 cm
Museum of Modern Art, New York


Lorsque Tanguy rejoint Kay, à l’automne 1940, elle a déjà tout prévu avec Pierre Matisse : Tanguy sera exposé dans sa galerie dès le mois de décembre 1940. Le suivant, grâce à Kay, sera Jean Hélion.

 

 

Yves Tanguy (1900-1955)
Jour de lenteur – 1937
Huile sur toile, 92 x 73 cm
Musée national d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
© Photo : Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat /Dis. GrandPalaisRmn


Yves Tanguy (1900-1955)
Le mobilier du temps – 1939
Huile sur toile, 116,7 x 89,4 cm
Museum of Modern Art, New York


Mais avant, en août 1940, les deux artistes se marient à Reno, sur la côte ouest, après quoi ils s’installent à Washington Square, Manhattan, où leur appartement devint le lieu de ralliement des artistes expatriés.

L’année suivante, Kay et Tanguy s’installent dans un ancien hospice à Woodbury, dans le Connecticut. Kay transforme la maison, abat les cloisons et accroche aux murs sa collection d’art moderne, Chirico, Miro, Tanguy et un mobile de Calder qui habite à proximité. Elle installe son propre atelier et, de l’autre côté d’un mur, celui de Tanguy. Chacun travaille de son côté et chacun tient aussi à exposer tout seul. Ils ne dérogeront à cette règle qu’une seule fois.

C’est là que Kay va passer les quinze années les plus heureuses et les plus productives de sa vie.

En 1941, Kay bénéficie d’une exposition personnelle au musée des Beaux-Arts de San Francisco. Son style a déjà sensiblement évolué. 

 

 

A Finger on the Drum (Un Doigt sur le Tambour) – 1940
Huile sur toile, 38,1 x 54,6 cm
National Gallery of Art, Washington D.C.


Un critique écrit à son propos : « contrairement à la plupart des artistes qui se réclament du Surréalisme, Sage pratique cet art avec une profonde sincérité, une sensibilité vraie et, sans aucun doute, une exceptionnelle habileté. » Ses grands espaces vides et lointains interrogent. Elle explique que sa « conception de la perspective, de la distance et de l'éloignement, [lui] vient de [ses] années de formation dans la campagne romaine »,

 

Danger, Construction Ahead (Danger, chantier en vue) – 1940
Huile sur toile, 111,8 x 157,5 cm
Yale University Art Gallery, New Haven, Connecticut


L’année suivante, ses œuvres commencent à se peupler de formes étranges, qui évoquent le sentiment d’incertitude, de précarité qui l’accompagne depuis l’enfance : rien n’est absolument « habituel » (pour ne pas dire « normal ») dans le monde de Kay. Cependant, on est bien ici dans la combinaison, propre au surréalisme, du réalisme et de l’étrange.

 

 

At the Appointed Time (A l’heure convenue) – 1942
Huile sur toile, 81,3 x 99 cm
Newark Museum of Art, Newark, New Jersey

C’est cette œuvre qui sera présentée à Exibition of 31 women (Exposition de 31 femmes) organisée par Peggy Guggenheim dans sa galerie Art of This Century, début 1943.

 

 

Marging of Silence (Marge du silence) – 1942
Huile sur toile, 45,7 x 38 cm
Albany Institute of History & Art, Albany, New York


The Hidden Letter (La lettre cachée) – 1943
Huile sur toile, 55,8 x 33,8
De Young Fine Art Museum, San Francisco, Californie

Ces peintures énigmatiques correspondent, finalement, assez bien avec ce qu’on sait de sa personnalité ou, plus exactement, du monde auquel elle avait été et reste confrontée car elle se sent plus européenne qu’américaine.

Dans sa maison de Woodbury, elle organise fêtes et dîners, mais sans jamais se départir d’une froideur que certains jugent arrogante. Avec Tanguy, au contraire, la complicité semble parfaite : ils ne se quittent pas d’une semelle, parlent français entre eux et, pourtant, leur association paraît compliquée. De nombreux textes témoignent du penchant récurrent de Tanguy pour la boisson et de sa tendance à se transformer en butor quand il était ivre, agonissant Kay d’injures et d’humiliation diverses en public, sans qu’elle paraisse y prêter attention. 

En tout état de cause, cela ne paraît pas avoir entravé sa créativité…

 

The Upper Limit of the Sky (la limite supérieure du ciel) – 1944
Huile sur toile, 58,4 x 71,4 cm
Musée d’Israël, Jérusalem


Au milieu de la décennie, apparaissent les premières grandes draperies et les longues ombres qui suggèrent un soleil couchant.

 

In the Third Sleep (Dans le Troisième Sommeil) – 1944
Huile sur toile, 100,3 x 144,8 cm
Art Institute of Chicago, Illinois

Ce saisissant Troisième Sommeil est exposé au 56e Salon annuel de peinture et de sculpture américaine à l’Art Institute de Chicago. Parmi les 162 tableaux exposés, trois obtiennent un Purchase prize, ce qui signifie que l’œuvre sera acquise par le musée. Le tableau de Kay est du nombre.

L’année 1944 est particulièrement fructueuse. Kay peint ses œuvres les plus emblématiques, comme J’ai vu trois villes, qui combine des éléments urbains et des paysages désertiques, avec une palette de couleurs alliant tonalités douces et touches de couleurs plus vives, qui créent une impression énigmatique.


 

I Saw Three Cities (J’ai vu trois villes) – 1944
Huile sur toile, 92 x 71 cm
Princeton University Art Museum, Princeton, New Jersey


« J'ai vu trois villes est à la fois réaliste et mystérieuse. Surplombant le paysage envoûtant et abandonné que l'on voit ici, une figure dont les draperies fluides et les courbes sinueuses rappellent celles de la statue grecque antique Niké de Samothrace [La Victoire de Samothrace du Louvre]. La sentinelle de Sage n'a cependant pas l'effervescence de Niké. Ses draperies sont animées, mais son cœur reste rigide et statique. Cette présence étrange – ni morte ni vivante, ni homme ni femme – reflète la fascination des surréalistes pour les robots et autres exemples d'humanité mécanisée. » (Notice du musée)


Une référence à l’Antiquité qui, à nouveau, rappelle quelqu’un…

 

Giorgio de Chirico (1888-1978)
La chanson d’amour – 1914
Huile sur toile, 73 x 59,1 cm
Museum of Modern Art, New York

 

Ensuite, commencent à apparaître de frêles échafaudages, moins d’œufs, plus de rouge et toujours les ombres portées.

 

Other Answers (Autres Réponses) – 1945
Huile sur toile, 40,5 x 33 cm
Collection particulière (vente 2024)

De 1946 à 1958, une de ses toiles sera exposée chaque année au Whitney Museum of American Art de New York.

 

Lee Miller (1907-1977), photographe
Kay Sage en 1946
© Succession de Kay Sage / DACS, Londres et ARS, New York 2020, droits réservés

Sur cette photo de Lee Miller, on voit à gauche le tableau I Saw Three Cities et, sur le chevalet, une œuvre que je n’ai pas retrouvée. Curieusement, elle me rappelle une phrase lue dans Les Œufs de porcelaine : « J’ai jeté des ciseaux sur ma sœur qui voulait me piquer ma boîte de peinture, et je lui aurais lancé un couteau si l’on ne m’avait pas arrêtée ».

 

Les échafaudages se multiplient, comme les titres de plus en plus étranges…  

 

Bounded on the West by Land Under Water – 1946
(Délimité à l'ouest par les terres sous-marines)
Huile sur toile, 71,28 x 90,96 cm
University of Michigan Museum of Art, Ann Harbor, Michigan


Ring of Iron, Ring of Wool (Anneau de fer, Anneau de laine) – 1947
Huile sur toile, 137 x 96,2 cm
Mint Museum, Charlotte, North Carolina

« Le titre, qui pourrait sembler un jeu de mots surréaliste, est aujourd'hui interprété comme une référence aux cadeaux traditionnels offerts pour les sixième et septième anniversaires de mariage. L'année 1947 marquait le sixième anniversaire de l'installation de Sage et Tanguy à Woodbury et le septième de leur mariage. On pourrait même interpréter les deux grandes formes qui dominent la composition comme des références à l'artiste et à son époux. » (Extrait de la notice du musée)

Et voici Lanterne magique, seule œuvre de Kay figurant dans les collections publiques françaises, offerte au musée en 2018, elle n’a été exposée qu’une fois, au musée de Montmartre en 2023, dans l'exposition « Surréalisme au féminin ? ». C'est bien peu pour se faire une idée juste de son œuvre.

 

 

Magic Lantern – 1947
Huile sur toile, 45,5 x 35,5 cm
Musée national d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
© Photo : Centre Pompidou, MNAM-CCI/Audrey Laurans/Dis. GrandPalaisRmn

1947, c’est aussi l’année où est publié à Paris, à l’occasion de l’Exposition internationale du Surréalisme, l’ouvrage de référence du mouvement. Une œuvre de Kay y est incluse mais, comme toujours, rien n’est bien clair (ce serait trop demander à des surréalistes que d’avoir la liste exacte de ce qui a été exposé !)

 




The Seven Sleepers (Les Sept Dormeurs) - 1947
Huile sur toile, 45,7 x 38,1 cm
Collection particulière (vente 2013)

 

Fin 1947, la mer, déjà suggérée dans quelques toiles, se fait plus présente encore.

 

 

Unicorns Came Down to the Sea - 1947
 (Les licornes descendaient à la mer)
Huile sur toile, 92,1 × 71,8 cm
Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, Pennsylvanie


En 1947, le marchand d'art Julien Levy lui propose une exposition dans sa galerie new-yorkaise, où elle montre onze toiles.

Puis vient l’œuvre considérée aujourd’hui comme le chef d’œuvre de Kay :

 

Starlings, Caravans (Etourneaux, Caravane) – 1948
Huile sur toile, 81,3 x 99,1
De Young Fine Art Museum, San Francisco, Californie

« Dans ce tableau, une structure contorsionnée, semblable à un insecte, aux entrailles apparentes, se détache sur un horizon solitaire. Il pourrait s'agir de la scène d'une créature brisée, tombée en plein vol (un étourneau ?), d'un naufrage, ou, comme le suggère le titre, d'une caravane de voyageurs traversant le désert. Une fois encore, aucune figure humaine ne nous guide, laissant le champ des possibles interprétations. La composition est bien structurée, avec des lignes claires et simples qui lui confèrent une certaine vitalité malgré son immobilité. Le drapé est magnifiquement rendu et, d'une manière générale, le tableau est plus détaillé et plus coloré que les autres œuvres de Sage. » (Extrait de la notice du musée)


 

The Instant – 1949
Huile sur toile, dimensions non communiquées
Mattatuck Museum, Waterbury, Connecticut

Judith Suther écrit que cette œuvre est l'expression la plus complète de la maturité de Sage : « sa peinture passe de l'imitation à l'adaptation, puis à la découverte. (…) Dans un rare commentaire sur son travail, Sage répond à la question d'un critique concernant L'Instant :  "Je ne peux pas vous dire ce que cela signifie pour moi. C'est une sorte de représentation de ce qu'il y a à l'intérieur – des choses à moitié mécaniques, à moitié vivantes. La montagne elle-même peut représenter presque tout : un être humain, la vie, le monde, n'importe quelle chose fondamentale."»  Et Judith Suther de conclure : « C'est une déclaration inhabituellement expansive, mais livrée avec l'obliquité d'un crabe. » Nous n’en saurons pas davantage !

 

A la fin des années 40, la galeriste Catherine Viviano commence à la représenter et Kay bénéficie de plusieurs expositions personnelles dans sa galerie new-yorkaise, dont une très importante en 1950.

 

Men Working (Hommes au travail) – 1951
Huile sur toile, 114,3 × 88,9 cm
Joslyn Art Museum, Omaha, Nebraska


Unusual Thursday (Jeudi insolite) – 1951
Huile sur toile, 80,6 x 98, 4 cm
New Britain Museum of American Art, New Britain, Connecticut



On the Contrary (Au contraire) – 1952
Huile sur toile, 90 x 70,5 cm
Walker Art Center, Minneapolis, Minnesota 


En 1953, on voit pour la première fois le nom de Kay dans la presse française, à l’occasion de son exposition personnelle à la galerie Nina Dausset. Deux jours seulement, les 10 et 11 avril 1953.

 

Third Paragraph – 1953
Huile sur toile, 99,1 x 81 cm
Collection particulière (vente 2015)

« Pans coupés, lumière froide, draperies lourdes, ombres portées, brèches ouvrant sur la mer unie, nous sommes ici dans un univers proche de celui de Chirico. Mais d’un Chirico qui aurait apprivoisé l’angoisse. » (Arts, 17 avril 1953, p.10) Tout est relatif… et on ne peut pas dire que l’accueil soit particulièrement chaleureux.

« Kay Sage, l’actuelle exposante de Nina Dausset, sans toutefois l’imiter, conserve l’esprit surréaliste de son mari Yves Tanguy. C’est ainsi qu’elle trouve presque uniquement son inspiration dans les portes et les fenêtres ouvertes et fermées : nous connaissions déjà cela » (René Barotte « Nouvelle des arts », Paris presse, 12 avril 1953, p.2)

 

En 1954, Kay et Tanguy acceptent une première exposition commune dans un musée, le Wadsworth Athenaeum de Harford. Ils exigent que leurs toiles soient exposées dans deux salles séparées.

 

Photographe inconnu
Kay et Tanguy à l’entrée de leur exposition commune.



Yves Tanguy (1900-1955)
Rose des quatre vents – 1950
Huile sur toile, 71 x 58,4 cm
Wadsworth Atheneum Museum of Art, Harford, Connecticut


 

Kay Sage (1898-1963)
No passing (Dépassement interdit) – 1954
Huile sur toile, 130,2 x 96,5 cm
Whitney Museum of Art, New York

La critique s’interroge : « La rangée de blocs épais ancrés dans le sol représente-t-elle des dominos sur le point de basculer ? une ligne de défense contre un ennemi invisible ? Des murs de pierre provenant d’un ancien édifice ? Les questions sont sans fin et les "réponses" ne sauraient être qu’évasives. »

Dans son livre de poèmes, Demain, Monsieur Silber (1957) Kay écrit : « J'ai bâti une tour sur le désespoir / on y entend rien, y a rien à voir ; / Y a pas de réponse quand, noir sur noir, / je crie, je crie, dans ma tour d'ivoire. »

 

 

Hyphen (Trait d’union) – 1954
Huile sur toile, 76,2 x 50,9 cm
Museum of Modern Art, New York

Le 15 janvier 1955, Tanguy meurt subitement d'une attaque cérébrale, dans la maison de Woodbury. C’est, pour Kay, « un choc terrible dont elle ne s’est jamais totalement remise », écrit John S. Monagan dans la postface des Œufs de porcelaine.

Après quelques mois, Kay se remet à peindre. Le titre de sa première œuvre fait probablement référence à la croyance populaire selon laquelle un oiseau sauvage volant dans une maison est une prémonition de mort, un événement que Kay aurait réellement vécu peu avant le décès de Tanguy. Les « signes », encore. 

 

A Bird in the Room (Un oiseau dans la pièce) – 1955
Huile sur toile, 99 x 81,3 cm
The Cleveland Museum of Art, Ohio


Tomorrow is never (Demain n’est jamais) – 1955
Huile sur toile, 96,2 x 136,8 cm
Metropolitan Museum of Art, New York

« Kay Sage, l'une des femmes les plus en vue du surréalisme aux États-Unis, a réalisé cette œuvre après une pause de cinq mois dans la peinture suite au décès soudain de son mari Yves Tanguy. Comme beaucoup de surréalistes, elle utilisait l'imagerie paysagère comme métaphore de l'esprit et des états psychologiques. Réalisée dans des tons gris sombre, Demain n'est jamais combine des motifs récurrents des dernières étapes de sa carrière, notamment des échafaudages architecturaux, des structures en treillis et des figures drapées, pour évoquer des sentiments d'emprisonnement et de dislocation. » (Extrait de la notice du musée)

 

 

Le Passage – 1956
Huile sur toile, 91 x 71 cm
Collection particulière (vente 2014)

Le Passage est, à ma connaissance, la seule huile de Kay représentant une figure humaine. Il me semble qu’elle se dispense d’explication.

A partir de cette période, Kay ne peint presque plus. Quelques toiles, seulement, aux titres de plus en plus explicites.

 

 

Quote-Unquote (Citation- Fin de citation) - 1958
Huile sur toile, 71,1 x 89,4 cm
Wadsworth Atheneum, Harford, Connecticut


La santé de Kay décline et sa vue, de plus en plus altérée, se détériore rapidement ; elle devient partiellement aveugle et décide d’en rester là, pour ce qui est de la peinture.

 

 

The Answer is No (La Réponse est Non) – 1958
Huile sur toile, 99,1 x 81,3 cm
Yale University Art Gallery, Newhaven, Connecticut 

 

Il n’y aura plus que quelques dessins et collages.

 

Constant Variation – 1958
Aquarelle et collages sur papier, 48,6 x 67,6 cm
Whitney Museum of Art, New York

 

The Great Impossible (Le Grand Impossible) – 1961
Aquarelle et fusain sur papier découpé et collé, 32,3 x 23,5 cm
Museum of Modern Art, New York

 

Kay Sage a mis fin à ses jours, le 8 janvier 1963, dans sa maison de Woodbury.

Conformément à ses dernières volontés, Pierre Matisse, son exécuteur testamentaire, fit disperser les urnes contenant les cendres de Kay et Yves au large des côtes bretonnes, région natale de Tanguy. Dans sa lettre d’adieu, Sage avait écrit : « Le premier tableau d’Yves que j’ai vu, avant de le connaître, s’intitulait « Je t’attends ». Je suis arrivée. Maintenant, il m’attend à nouveau ; je suis en route. »

 

*

 

Kay Sage avait prévu de généreuses donations à des musées américains, notamment en faveur du musée d’art moderne de New York qui a reçu sa collection personnelle d’œuvres surréalistes (Breton, Calder, Jean Hélion, Paul Delvaux, Max Ernst, Kiesler, Miro, Magritte et Yves Tanguy.)

Aux Etats-Unis, où plusieurs expositions commémoratives eurent lieu l'année de son décès, Kay Sage est aujourd’hui considérée comme l’une des rares Américains à être associés aux début du surréalisme.  Son style, ses tonalités sourdes et son vocabulaire géométrique restent uniques et immédiatement reconnaissables.

En 2011, le musée d’art de Katonah a présenté l’exposition « Double Solitaire : Les mondes surréalistes de Kay Sage et Yves Tanguy », où les commissaires ont (respectueusement) désobéi aux deux artistes en mêlant leurs toiles dans l'ensemble de l'exposition.

Kay Sage continue à être régulièrement associée à des expositions collectives comme en 2024, pour la commémoration du centenaire du Manifeste du surréalisme d’André Breton, dans l’exposition « Une longue histoire : le surréalisme de 1924 à nos jours » à la Hyde Collection de New York.

Son œuvre Watching the Clock a été récemment exposée au MoMA dans « Surrealist Objects » (2025) une présentation des collections du musée réunissant de nombreux artistes modernes, comme Jean Arp et Sophie Tauber-Arp, Louise Bourgeois, Leonora Carrington, Dorothea Tanning, Giorgio de Chirico, Max Ernst, Salvador Dali, Meret Oppenheim et, bien sûr, Yves Tanguy.

 

 

Watching the Clock (En regardant l’horloge) - 1958
Huile sur toile, 35,6 x 35,6 cm
Museum of Modern Art, New York


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