Ethel
Carrick est née le 7 février 1872, à Uxbridge, une ville de la banlieue ouest
de Londres. Elle est la fille d'Albert William Carrick, un drapier prospère, et
de sa femme Emma, née Filmer.
Elle paraît avoir reçu ses premiers enseignements au sein de sa famille, avant de rejoindre la Guildhall School of Music and Drama, une école de musique et de théâtre située dans la City de Londres. Probablement au milieu des années 1890, elle entre à la fameuse Slade School of Fine Art (soit une bonne quinzaine d’années avant Dora Carrington qui a aussi fréquenté cette école), où elle étudie sous la direction du peintre Henry Tonks, dont voici une œuvre de l’époque.
Pendant
ses études à la Slade, Ethel commence à voyager pour approfondir sa sensibilité
artistique : elle participe notamment à des cessions de peinture « en plein
air » en Cornouailles (vers 1899) mais vient aussi en France puisqu’elle
peint cette petite toile en 1903.
Il
s’agit probablement de Caudebec-en-Caux dont on reconnaît l’église Notre-Dame.
Cela m’amène à souligner une des qualités d’Ethel : elle saisit toujours de
façon particulièrement pertinente l’architecture des sites qu’elle choisit de
représenter…
… et
elle les transcrit avec une sûreté d’expression qu’elle a sans doute acquise à
la Slade :
C’est
un peu plus tôt, en 1901, lors d’un séjour à St Yves avec des amies artistes,
qu’elle rencontre le peintre australien Emanuel Phillips Fox. Elle a vingt-neuf
ans, a déjà exposé à Londres en 1903 et ne paraît pas avoir été préalablement
tentée par les joies du mariage. Fox est déjà connu en Australie et en
Angleterre…
…
et paraît disposé à ne pas entraver sa carrière. Elle l’épouse le 9 mai 1905 à
l'église St Peter d'Ealing de Londres.
A
cette époque, les toiles d’Ethel, notamment les scènes d’intérieur, sont
globalement encore assez proches de ce qu’elle a appris à la Slade. On en
trouve encore quelques exemples, comme cette Table du petit déjeuner…
… ou cette scène de tea time.
Le couple Fox s’installe immédiatement à Paris et trouve un logement 65 boulevard Arago, qui est l’une des adresses de la Cité Fleurie de Montparnasse, un ensemble d’une trentaine d’ateliers où l’émulation entre artistes devait être également florissante. Et puis il y a les salons, les expositions où Ethel découvre probablement de nombreux peintres. Un exemple : le Salon d’Automne de 1905, où on pouvait voir les toiles de Bonnard, Matisse, Maufra, Renoir, Vallotton, Vlaminck, est celui où Louis Vauxcelles s'exclame « C'est Donatello chez les fauves ! »
Dès
1906, le style d’Ethel a déjà évolué : elle peint dehors, particulièrement
attirée par les lieux envahis de promeneurs, comme ce Parc parisien…
… où l’on reconnaît immédiatement l'un des lions de la balustrade du jardin du Luxembourg !
Ou bien cette autre scène, au titre plus explicite, qui a dû être peinte dans l’une des
allées circulaires du jardin.
En
revanche, même un musée ne me fera pas admettre que la scène qui suit a été peinte
au Luxembourg, comme il le laisse entendre. Je ne vois d’ailleurs pas très bien
où… le bâtiment du fond est peut-être l’un de ceux qui ont été construits pour
l’exposition coloniale de 1906 ? Je l’ai donc intitulée « Jardin
inconnu ».
Le
même musée dénomme avec plus d’à-propos cette petite pochade :
Les Fox y sont effectivement partis, ce printemps-là. Ethel peint un premier petit bijou qui confirme l’intérêt qu’elle porte à l’architecture dont elle suggère un nombre impressionnant de détails divers, comme le Jugement dernier du portail principal et les mosaïques du registre supérieur…
… sans oublier les tenues bigarrées des touristes qui situent l’œuvre dans le temps ; tout cela d’une touche visiblement libre et rapide.
Après
avoir passé l’été sur place, le couple rentre à Paris juste à temps pour la
Salon d’Automne où Ethel fait sa première apparition artistique parisienne.
Elle y montre six œuvres, dont « deux Marché aux Fleurs et une Jeune
Femme, très riante », selon Claude Neuilly (« Après le Salon
d’Automne », Revue moderne illustrée, 10 décembre 1907, p.5)
Cette jeune femme riante est remarquée : « Puis au hasard de la promenade, je note : Une femme qui rit, par Mlle Ethel Carrick. Il convient de féliciter l'artiste d’avoir eu l’habileté de fixer cette impression fugitive avant qu'elle n’ait eu le temps de se figer en grimace ! » (R. de Marne, « Le Salon d’Automne », La Française : journal de progrès féminin, 13 octobre 1907, p.2)
Quant
aux Marchés aux Fleurs, ils deviendront le leitmotiv d’Ethel :
Mais nos deux voyageurs sont déjà repartis, direction Melbourne, où Ethel va faire connaissance avec sa belle-famille australienne. Cela ne se passe pas très bien : les parents de Fox considèrent leur fils comme un génie et voient leur belle-fille, au mieux, comme une peintre maladroite.
Les
deux époux exposent leurs œuvres vénitiennes. Ethel obtient une petite
exposition dans une galerie de Melbourne où elle est plutôt bien
reçue : « Les toiles qui y ont été présentées par Mrs Fox palpitent de
combinaisons de couleurs vives, mais l'habileté suprême de l'artiste réside
dans sa manière subtile de traiter des groupes de personnes en extérieur (…) il
n'y a rien d'étudié dans le regroupement de la foule de personnages qui
apparaissaient dans la scène, et la vie et le mouvement sont magnifiquement
suggérés. » (Art et Architecture, vol 5, no 5, 1908, p. 194)
C’est
lors de ce premier voyage qu'Ethel peint une autre de ses petites pépites, L’Esquisse en
Australie.
Les
conservateurs australiens soulignent (non sans raison) la différence de
culture : en France, on ne laisse pas les enfants courir sur les
pelouses ! C’est en revanche autorisé dans les jardins botaniques de
Sydney et Ethel en rend compte avec une vitalité et une palette claire plutôt
audacieuses.
L’Esquisse en Australie est l’une des trois œuvres qu’Ethel montre au Salon d’Automne
de 1908. La première visite en Australie a donc été assez brève. D’ailleurs, la
même année, elle peint un autre type de foule :
…
avant de retrouver bien vite… le
Luxembourg !
Viennent
ensuite les villégiatures d’été : ses premières scènes de plage sont
exposées au Salon d’Automne.
En 1910, Ethel expose pour la première fois à la « Nationale » (le salon de la Société nationale des Beaux-Arts), un autre Marché aux fleurs : « voyez deux petites toiles bien tachées et bien touchées, vives et justes impressions. L'une est d'Ethel Carrick (Marché aux fleurs) » (Edouard Sarradin, « Le Tour du Salon de la société nationale des beaux-arts », Journal des débats politiques et littéraires, 14 avril 1910, p.3)
En plus du désormais régulier Salon d’Automne, Ethel participe aussi à une exposition collective où Georges Frappier découvre ses Fleurs avec plaisir. (« Galerie des artistes modernes, exposition des "Quelques" », La République française, 23 janvier 1910, p.2)
Juste après la « Nationale » qui commence en avril 1911 et où Ethel montre une scène de plage…
… les Fox bouclent à nouveau leurs valises, pour l'Afrique du Nord cette fois.
Fox raconte leur périple : « Nous sommes d'abord allés à Marseille, puis à Alger, de là vers le sud, vers l'intérieur, un endroit appelé Bou Saada, où nous sommes restés six semaines, puis de retour à Alger, puis à Tanger et à Cadix, et de retour chez nous via Séville, Cordoue, Grenade, Tolède, Madrid. Nous avons passé un très agréable voyage en restant 3 ou 4 jours à chaque endroit après avoir quitté Bou Saada (…) nous avons tous les deux fait beaucoup de travail. » (Lettre de Fox à Hans Heysen, 13 septembre 1911, in Ruth Zubans, E. Phillips Fox : sa vie et son art, Miegunyah Press, Carlton Victoria, p. 181–82.)
On
retrouve, bien sûr, l’appétence d’Ethel pour les foules bigarrées et actives, bouillonnantes
de bruits et d’énergie…
…
qu’elle exprime parfois à grands traits, avec une expression tellement
synthétique qu’elle se rapproche de l’abstraction…
…
mais elle sait capter aussi l’atmosphère spirituelle et hors du temps des vieilles villes
baignées de lumières, où circulent lentement des silhouettes enveloppées qui
semblent issues des murailles elles-mêmes.
Un changement radical de palette qui souligne sa sensibilité de coloriste.
De retour en France, probablement à la fin de l’été, Ethel montre Laveuses algériennes au Salon d’Automne avec une Vue de Cadix et, en novembre, elle participe à une autre exposition : « Je n'ai pris qu'un médiocre plaisir à l'exposition, à la Galerie Roger Levesque (ancienne Galerie Barbazanges), de l'International Art Union, qui est un groupement de dames artistes. Certes, ces dames comptent des peintres de talent, et j'en pourrais citer. » (Tabarant, « Petite Gazette des Arts », Paris-midi, 25 novembre 1912, p.2) Ethel est dans la liste, dont je vous fais grâce.
L’été
suivant, c’est à Dinard qu’Ethel s’installe pour travailler…
…
et elle y peint une de ses scènes de bord de mer les plus originales :
Comme l’écrit Fox à son ami Heysen : « Ma femme travaille à l'extérieur et fait des choses très intéressantes et personnelles – elle est sociétaire du Salon d'automne et très passionnée par les perspectives modernes. »
C’est
pourtant à la « Nationale » que cette œuvre sera montrée. Au Salon
d’Automne, Ethel expose le Quai à Dinard, le Marché de Bou-Saada qui
est l’autre titre des Arabes marchandant et un (introuvable) Jeune
homme contre une fenêtre qui plait beaucoup à la critique : « Le Portrait
de jeune homme contre une fenêtre de Mme Ethel Carrick a beaucoup
de style. » (F.M. « Le Salon d’Automne », L'Art et les artistes,
1er octobre 1912, p.87)
Ensuite,
retour en Australie. Lors de son premier Noël sur place, elle peint une des
œuvres les plus importantes de sa carrière, Noël à Mainly Beach, qui
sera intitulée en France L’été est là. On croirait entendre le murmure la foule et
le roulis des vagues.
Selon le musée australien, ce Christmas Day aurait été présenté avec succès lors d’une exposition du couple à la galerie Athenaeum de Melbourne en mai 1914 et aurait reçu une récompense à l’exposition internationale de Bordeaux en 1927. Elle y était, sous le nom de « Ethel-Mary Carrick-Tox » (!), avec La Plage qui n’a pas eu l’honneur d’une reproduction dans le catalogue.
Plusieurs
de ses toiles de cette année-là sont intéressantes…
…
et, tout particulièrement, ce Quai circulaire à Sidney :
«
On Circular Quay est l’une des plus belles peintures connues de Carrick
et l’une de ses premières représentations de la foule de Sydney. Plutôt que
l’attention plus habituelle aux eaux du port de ceux qui ont peint ce sujet,
Carrick se concentre sur l’agitation urbaine du centre commercial de Sydney.
Ses couleurs évoquent le mouvement avec de riches pigments de bleus, de rouges,
de roses, de blancs et de noirs servant la présence tachetée de la foule dans
la rue de la ville. Le rythme balayant de ces formes figuratives abrégées se
connecte au mouvement compositionnel plus large des tramways, des routes et des
motifs en blocs des bâtiments en arrière-plan. L’œuvre a une attraction
immersive ; l’élan coloré en pointillés des figures attire le regard à
travers la structure serpentine des rues. On Circular Quay est un chœur
joyeux de l’énergie et du mouvement qui caractérisent la ville moderne. (Notice
du musée)
C’est aussi le moment où Ethel se rapproche de la Société théosophique. Il s’agit d’un mouvement spiritualiste déjà évoqué ici à propos d’Hilma af Klint (voir sa notice). Au cours de l’année 1913, elle s’installe seule à Sydney où ladite Société a installé son siège. En 1914, elle apprend brutalement la nouvelle de la maladie de son mari, fumeur impénitent, qui est atteint d’un cancer. Elle rentre à Melbourne pour l’assister dans ses derniers instants, il meurt en octobre 1915. La période fut probablement difficile pour elle. Elle quitte l’Australie en 1916 et n’y reviendra plus pendant dix ans.
Je
suppose qu’elle a dû rentrer en Angleterre, le temps du conflit. On la retrouve
à Paris fin 1918, où elle participe à une exposition : « A la galerie
Goupil, rue de-la-Ville-l'Evêque, s'est ouverte le 8 octobre l'exposition d'un groupe
d'artistes franco-anglo-américain. Ce groupe s'intitule "l'Arc-en-Ciel", un
titre joli et d'un symbolisme délicat. (…) Miss Bessie Davidson et Mme Ethel Carrick
Fox ont beaucoup de talent » (Le Curieux, « A la galerie Goupil et
Cie », La Renaissance de l'art français et des industries de luxe,
1er mars 1918, p.358) On apprend par la Revue internationale de
sociologie qu’elle y montre notamment « la foule vivante du petit
tableau intitulé En Australie. »
Et si, en 1919, c’est à la Royal Academy de Londres qu’elle expose une nouvelle fois Marée
haute à St Malo, elle revient bien vite à Paris, dans son logement de
la Cité fleurie.
Les
marchés parisiens sont de retour et Ethel y retrouve la gaîté des couleurs
tachetées de lumière et l’animation joyeuse de la foule.
L’hiver
venu, la voilà repartie, en Tunisie cette fois. Elle s’installe à Kairouan et,
bien sûr :
« Plutôt que d'alimenter la notion européenne bien établie d'un "Orient interdit", Carrick s'inspire du quotidien, peignant l'énergie et l'activité du marché. Peinte d'un point de vue élevé, avec de courts coups de pinceau vibrants de couleur et de pigment blanc, elle peuple la composition de formes simplifiées et rythmées, rendant palpable l'agitation du marché avec un effet oscillant entre l'abstraction et la figuration. Bien que riche en couleurs, le blanc reste la note clé de sa peinture. Elle peint l'atmosphère rayonnante de la ville qui lui a inspiré une nouvelle façon de voir et de créer. » (Notice du musée)
Ethel continue à participer à la Nationale en 1920 et au Salon d’Automne de 1922 avec Jeune femme à la rose et son talent suscite un bel article :
« Mme Ethel Carrick-Fox est une des plus intéressantes sociétaires femmes du Salon d'Automne, où elle expose régulièrement depuis 1908. Veuve du peintre regretté Philippe Fox, qui occupa pendant longtemps une place prépondérante à la Société Nationale des Beaux-Arts, elle porte, dignement, en souvenir d'une mémoire chère, un nom des plus estimés dans le monde artistique.
Son œuvre, dont j'ai déjà eu l'occasion ici-même de parler, s'enrichit chaque année de quelques portraits, tracés franchement en pleine lumière ; et de plusieurs paysages traités dans une note claire et vigoureuse. Mme Ethel Carrick-Fox nous a montré récemment, au Salon d'Automne, trois de ses tableaux, dont j'aime la sincérité et le charme : un Portrait de Mme Alfred Thiroux, une Rue à Kairouan et une Alsacienne, dont je goûte moins la manière, mais dont les, qualités de fonds, néanmoins, ne sont pas inférieures à celles des deux autres.
Cette excellente artiste, au talent expressif et puissant, me paraît maintenant
en pleine possession de ses moyens. Toutefois, pour la juger d'une façon
définitive ; il serait utile, je crois, qu'une exposition d'ensemble nous
permit d'étudier sa technique. Ses œuvres, jusqu'à présent, ont été dispersées
dans de nombreux salons et il nous a été impossible, encore que l'écho de ses
succès nous soit parvenu, d'établir la comparaison nécessaire, qui fixe les idées de la critique. Je suis persuadé, du reste, que l'épreuve à
laquelle elle se soumettra certainement bientôt ne saurait que lui être
favorable. » (Clément Morro, « Les femmes artistes », Revue
moderne des arts et de la vie, 15 janvier 1922, p.6)
Mais, pour l’instant, Ethel a autre chose à faire. Elle présente deux portraits au Salon d’Automne de 1924 et file à Florence admirer le Ponte Vecchio.
Puis, après un bref séjour en Australie, où elle se rend principalement pour
promouvoir l’œuvre de son mari, elle s’installe à Nice quelques temps.
Elle
revient à Paris en 1928, cette fois pour la grande exposition que la critique
appelait de ses vœux.
Vous
pensez bien que je suis partie sur la piste de ce tableau acquis par le
directeur général des Beaux-Arts et c’est le musée de Rouen qui m’en a, fort
obligeamment, transmis la photo :
L’exposition est un succès, relayé par une bonne dizaine de quotidiens que je cite pour le plaisir de rappeler combien la presse était alors riche de titres divers ! (The Paris Times, Excelsior, Comœdia, Candide, L’Intransigeant, La Croix, Bonsoir, Le Petit Parisien et The Chicago tribune and the Daily news, New York)
Délaissant provisoirement les marchés colorés, Ethel s’intéresse ensuite aux vues de la
Seine et de ses ponts.
Le
temps d’exposer – et visiblement de vendre - ces deux vues du quai des Grands Augustins au Salon d’Automne suivant et l’insatiable globe-trotteuse repart, en
Inde cette fois.
Econome, elle voyage en bus et ne revient qu’en 1937, pour exposer au Salon
d’Automne ce Bac à Kashmir, délicieuse captation des éléments
d’architecture et des reflets dans l’eau :
J’imagine
qu’elle a financé une partie de son voyage grâce à la diffusion de
lithographies…
Puis,
la voilà repartie au Cachemire où elle vit plusieurs mois dans un bateau. Elle
dira ensuite que cela avait été une expérience idyllique et inspirante, un « paradis
pour les peintres ».
Sa dernière apparition au Salon d’Automne a lieu en 1938. Elle expose Le marché de Darjeeling et Le printemps dans le Tyrol, il faut croire qu’elle a eu le temps d’y faire un saut, entre deux balades au marché de la rue Mouffetard.
La guerre approchant, Ethel repart en Australie, probablement dans l’objectif de
rejoindre ses amis adeptes de théosophie.
Je
ne sais pas trop pourquoi je place ici cette vue de Melbourne. Peut-être parce
que l’architecture m’évoque les années 1940… c’est peut-être là qu’elle a eu
son dernier atelier.
Pendant
le conflit, Ethel, la généreuse, s’implique dans l’effort de guerre et rend
compte de l’activité intense des femmes en faveur des troupes engagées dans le
conflit, avec, parfois, une petite référence au concept théosophique de la « lumière
astrale », comme dans ce tableau.
Ce
ne sont pas les dernières œuvres d’Ethel. A soixante-dix ans, elle revient en France où elle peindra son dernier marché aux fleurs, en 1951.
Puis, de retour dans sa patrie d’adoption, Ethel Carrick est morte à l’hôpital de Melbourne, le 17 juin 1952.
*
Je n’ai pas trouvé une seule œuvre d’Ethel dans les musées de Grande Bretagne et il n’en existe qu’une dans les collections publiques françaises. C’était donc bien à l’Australie qu’il appartenait de transmettre sa mémoire, ce qu’elle a fait :
Sa première exposition rétrospective a eu lieu à la Geelong Art Gallery de Victoria, en mars – mai 1979, elle a été montrée ensuite à Sydney (SH Ervin Gallery) puis à l’University Art Museum de Brisbane, (juin – 5 juillet 1979) ;
puis Ethel a partagé avec son mari les cimaises de la Queensland Art Gallery de Brisbane lors d'une exposition intitulée « Art, Love & Life » en avril-août 2011.
Enfin,
consécration, une grande exposition s’est ouverte à la National Gallery of
Australia de Canberra, en décembre 2024. On peut y admirer ses œuvres jusqu’au 27
avril 2025 !
*
Pour écrire cette petite notice, j’ai été guidée par le savant article de Madame Deborah Hart, conservatrice en chef de l'art australien à la National Gallery of Australia de Canberra, paru à l’occasion de l’exposition précitée.
*
N.B : Pour voir
d’autres notices de ce blog, si elles n’apparaissent pas sur la droite, vous
pouvez cliquer sur « Afficher la version Web » en bas de cette page.