dimanche 20 octobre 2024

Odette des Garets (1891-1967)

 

Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3400-006
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais
(N.B. : Ceci n'est pas un autoportrait d'Odette qui semble n'en avoir jamais réalisé)

 

Il existe bien peu de traces d’Odette Jeanne Marie de Garnier des Garets, dite Odette des Garets.

Elle a vu le jour dans une famille « à qui une haute naissance et une longue tradition garantissent son destin ». C’est ainsi que Jacques Guenne (1896-1945), directeur de publication de la revue L’Art vivant, la présente en 1928, non sans ajouter qu’elle est, avec Suzanne Valadon, l’une des « deux artistes qui dominent de si haut la peinture féminine d’aujourd’hui et dont les aspirations sont, d’ailleurs, si différentes. » (Jacques Guenne, « Odette des Garets, L’Art vivant, avril 1928 p.263)

Sa « haute naissance » m’a permis de la retrouver sur plusieurs sites de généalogie, dans une famille dont l’origine est connue depuis le XVIIe siècle. Elle est la fille, unique semble-t-il, de Jacques de Garnier des Garets (1855-1931), diplomate, et de Suzanne Hay des Nétumières (1858-1940).

Elle serait née à Paris, le 13 décembre 1891 et aurait commencé sa formation d’artiste à l’Académie Julian. « Au bout de quelques jours, elle a compris que l’enseignement imposé ne répond en rien à ce que, confusément, elle désire ; car c’est Bouguereau et Cormon, et non pas Ingres ou Delacroix qu’on lui offre en exemple. A la Grande Chaumière, où professe Lucien Simon, nouvelle déception. Enfin elle se réfugie à l’Académie Ranson, où enseigne Maurice Denis. Sans doute, ce peintre ne lui parla-t-il jamais de la couleur mais seulement du dessin et de la composition. Cependant, il lui sera beaucoup pardonné par ses élèves en raison de l’intelligent libéralisme qu’il témoigna toujours en leur faveur. N’est-ce pas aussi grâce à lui qu’Odette des Garets eut le joie de découvrir Cézanne ? » (Jacques Guenne, op.cit., p.263)

C’est probablement son admiration pour Cézanne qui la conduit à poser son chevalet, tous les étés, à Villeneuve-lès-Avignon, comme l’indique le second texte que j’ai trouvé la concernant. Rédigé en référence à celui de Jacques Guenne, il est signé par le critique littéraire Charles du Bos (1882-1939) dans L’Amour de l’art d’octobre 1928 (p. 372 à 383) et assorti de plusieurs illustrations où l’on reconnaît quelques-unes des photos, non titrées, conservées dans le fonds Marc Vaux.

Marc Vaux était un photographe installé avenue du Maine, à Montparnasse, dans les années 20. Proche de Maria Blanchard et Marie Vassilieff, il a photographié les œuvres de près de 5.000 artistes habitant à Paris, de 1920 à 1970. Ce fonds, aujourd’hui conservé à la bibliothèque Kandinsky de Beaubourg, est consultable en ligne

J'ai privilégié les reproductions du fonds Marc Vaux qui sont plus lisibles que celles de la presse. 

 

Vue d’Avignon – sans date
Publié in : L’Amour de l’art, octobre 1928, p.383
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV 3395-012
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

« … le paysage d’Avignon qui vibre dans la lumière tandis que les orangés des toits, les bleus des murs, rappelant ceux du ciel, l’étonnante variété des verts, dont chaque ton situe chaque plan, forment la plus radieuse harmonie. » (Jacques Guenne, op. cit., p.263)

Villeneuve-lès-Avignon – sans date
Publié in : L’Amour de l’art, octobre 1928, p.375
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV 3398-006
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Le Fort Saint-André à Villeneuve – sans date
Publié in : L’Amour de l’art, octobre 1928, p.373
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV 3399-014
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

Charles du Bos décrit ce tableau ainsi : « contre le ciel d'un bleu tirant sur le lilas, se détache la pierre blonde de la longue ligne de remparts crénelés : la ville dévale entre des bouquets d'arbres d'un vert cru qui ressemble au vert des arbres dans les jeux d'enfants. » (Op.cit., p.380)

Ce qui me conduit à penser que ce Paysage provençal, également photographié par Marc Vaux (MV-3399-013) pourrait bien représenter le mont Ventoux, vu depuis la campagne avignonnaise, au début des années 1920.

 

Paysage provençal – sans date
Huile sur toile, 50 x 61 cm
Collection particulière (vente 2010)

Ce sont probablement des paysages qu’Odette montre à la Galerie Montaigne, la première fois où son nom apparaît dans la presse, en compagnie d'artistes féminines : « Exposition des œuvres de : Yvonne Crotti, Juliette Roche, Alice Halicka, Sophie Lewitska, Hélène Perdriat, Valentine Prax, Renée Nassenberg, Jeanine Aghion, Alice Bailly, Odette des Garets, à la Galerie Montaigne, du 15 février au 5 mars, de 10 à 6 heures. » (L’Homme libre, 13 février 1921, p.2)

C’est aussi un paysage qui est remarqué, et publié, par Louis Vauxcelles qui l'a vu au Salon des Indépendants de 1922.


Publié in : L’Amour de l’art du 1er janvier 1922, p.17
Source : Gallica, Bibliothèque nationale de France

Avec ses paysages, Odette se confronte à la technique de Cézanne et à la question de la division du ton : « C’est par la tache colorée, par le ton, c’est-à-dire par le degré d’intensité de la teinte, que Cézanne s’efforce de suggérer le ton local, la lumière et le volume, imposant donc à cette tache colorée les rôles que les anciens prêtaient à la fois au dessin, au modelé et à la valeur. C’est ce que Cézanne entendait, en proclamant : Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude. » (Jacques Guenne, op. cit., p.263)

« Toutefois, pour attachants que soient les paysages de Villeneuve, ils me paraissent à ce jour, dans l'œuvre d'Odette des Carets, correspondre à un stade de développement moins avancé que ses natures mortes et que ses figures. » (Charles du Bos, op.cit., p. 380)

En effet, une de ses natures mortes est acquise par le musée de Strasbourg dès 1921…

 

Nature morte - 1920
Huile sur toile, 61,5 x 50 cm
Musée d’art moderne et contemporain, Strasbourg
© Photo : Mathieu Bertola/Service photographique des musées de Strasbourg


… et Odette présente au Salon des Indépendants de 1923 un Nu et une Nature morte « inspirés de la technique Impressionniste et jolis de couleur et de lumière, [qui] contrastent fortement avec le ton général de ce Salon. » (Thiebault-Sisson, « Salon des Indépendants », Le Temps, 16 février 1923, p.5), « deux toiles fluides de Mme des Garets » (Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, 3 mars 1923, p.2)

Au Salon d’Automne, c’est encore un Nu ainsi décrit : « … distinguons le délicat portrait d'Odette des Garets, l'un des meilleurs de ce Salon. » (« Le Salon d’Automne », Le Rappel, 3 novembre 1923, p.4)

Je place ici un nu dont on peut être sûr qu’il a été réalisé avant 1928 puisqu’il a été publié à cette date.

Titre inconnu
Publié in : L’Amour de l’art, 1928, p.374
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV 3395-009
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Dès 1923, Odette est accueillie à la galerie Druet, au sein d’un groupe avec lequel ses toiles seront présentées chaque année, jusqu’en 1937 : « Puis furent soumis au visiteur (…) un ensemble de peintures des membres du "4e groupe". On y a remarqué des toiles excellentes de Roger Bissière, André Favory, Odette des Garets, Paul-Elie Gernez, Walter Gimmi, André Lhote, Robert Lotiron, Henri Malançon, Simon-Levy, Maurice Utrillo, Sonia Lewitska, et Paul Vera. » (L’Art et les artistes, « Galerie E. Druet », 1er octobre 1923, p.165) 

« Des œuvres nuancées et subtiles », selon le Journal des débats politiques et littéraires (27 décembre 1923, p.4)

Dans ce groupe, figure Simon Levy, qu’Odette a rencontré à l’Académie Ranson et avec lequel elle partage l’objectif de la résolution du « problème de la division du ton », une recherche commune qui conduit les critiques à reconnaître des « correspondances entre leurs deux manières ».

 

Simon Levy (1886-1973)
Villeneuve-Lès-Avignon - 1935
Huile sur toile, 54 x 65cm
© Editions COPRUR





Simon Levy (1886-1973)
Nature morte au moulin à café – sans date
Huile sur toile, 46,5 x 55 cm
Musée de Grenoble
© Photo : André Morin

Au Salon des Tuileries, où elle fait sa première apparition en 1924, Odette présente un Nu devant la glace, « un excellent morceau de peinture » pour Eve, premier quotidien illustré de la femme (3 août 1924, p.7).

Un autre commentaire, « Mlle Odette des Garets, dans un cabinet de toilette gracieusement peint - la nature morte, à droite, est délicieuse - campe un nu vu de dos et parfaitement plat. » (Camille Groxkowski, « Salon des Tuileries », La Renaissance de l’art français et des industries de luxe, 1er juillet 1924, p.460), me conduit à penser qu’il pourrait s’agir du tableau ci-dessous, où figure une délicieuse « nature morte à droite », bien que cette idée soit à prendre avec toutes les réserves d’usage car de petites natures mortes accompagnent fréquemment les portraits d’Odette !

 

Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3395-008
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Quoi qu’il en soit, le talent d’Odette est jugé suffisamment prometteur pour que Berthe Weill, découvreuse avérée de jeunes talents (voir la notice d’Emilie Charmy), lui offre sa première exposition personnelle en sa galerie, du 15 au 30 mars 1924.

Odette est régulièrement invitée dans les expositions de groupe organisées par Berthe Weill. Elle participe donc aussi à l’exposition « Fleur » du 20 décembre 1924 au 6 janvier 1925, avec une quarantaine d’autres artistes modernistes, dont trois autres femmes, Emilie Charmy, Jacqueline Marval et Suzanne Valadon.

Et elle figure aussi dans d’autres expositions de groupe, comme celle du «Paysage contemporain », au Palais de Marbre des Champs-Elysées (Revue des beaux-arts 1er décembre 1925, p.8), celle du le « 4e groupe », chez Druet et « La fleur animée », chez Berthe Weill, du 19 décembre 1925 au 8 janvier 1926.

Sa proposition du Salon des Tuileries de 1925 est saluée par L’Art vivant qui publie un de ses portraits, sans en donner le titre…

 

Titre inconnu
Publié in : L’Art vivant, 15 mai1925, p.24
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV-3395-010
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


… et aux Indépendants de 1926, sa nature morte est remarquée : « Les Masques d’Odette des Garets où dominent les ocres et les tons brique, un peu facettés, (…) sont une peinture bien construite, exécutée avec une verve savante. » (« Le salon des Tuileries », Art et décoration, 1er juillet 1926, p. 49)

 

Nature morte aux masques et instruments de musique (Les Masques) – Salon de 1926
Huile sur toile, 63,5 x 78,7 cm
Collection particulière (vente 2018)
Publié in Art et décoration, 1er juillet 1926, p.38


L’année suivante, Odette participe au Salon des Tuileries et à celui des Indépendants où sa Brodeuse, après avoir été saluée par de nombreuses publications, est acquise par l’Etat pour le musée du Luxembourg, alors consacré aux artistes vivants.

 

Brodeuse – 1927
Huile sur toile, 72,5 x 60 cm
Centre Pompidou, Musée national d’Art Moderne, Paris
© Photo : Bertrand Prévost – Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP
Reproduit dans L’Art vivant du 1er janvier 1927, p. 340 et dans L’Amour de l’art 1928, p.381


Les catalogues ne disent pas quelles sont les « peintures » qu’Odette a présentées aux diverses expositions et salons auxquels elle a participé en 1928. On sait cependant, grâce à l’article précité de Charles du Bos qu’elle y a montré de nombreuses natures mortes. Deux d’entre elles sont publiées avec l’article.

 

Nature morte– vers 1928
Publié in : L’Amour de l’art 1928, p.378
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV-3398-05
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


La seconde, ci-dessous, fait l’objet de l’appréciation suivante : « nous voici, avec la nature morte du coquillage, seuil de la grande peinture : toile qui, par le caractère de ses mérites et "la qualité de sa beauté", est un réel hommage adressé à cette "symphonie héroïque" de la nature morte que Chardin intitule : les Attributs de la Musique. » (Charles du Bos, op. cit., p.381)

 

Nature morte au coquillage – vers 1928
Publié in : L’Amour de l’art 1928, p.379
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV-3399-010
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

De nombreuses natures mortes, donc, mais aussi des portraits car, selon Charles de Bos, Odette tient pour centrale la question de la représentation de l’être humain.

« C’est ce dont son exposition témoignait avec une réconfortante évidence car les figures en étaient à la fois les œuvres maîtresses et les plus récentes. Cinq au moins d’entre elles — la Brodeuse acquis par le Luxembourg, la Femme au Violon, la Femme au Perroquet, le Portrait de la Petite Provençale et, par-dessus tout, dernière en date, la Femme en Bleu, montrent Odette des Garets au sommet de ses moyens actuels, et indiquent clairement la voie où déjà elle s’engage. »  (Charles du Bos, op. cit., p.381)

Pour notre grand plaisir, presque toutes ces toiles ont été photographiées par Marc Vaux et/ou commentées par de Bos :

« La Femme au Violon : le buste incliné en avant, le coude qui s’enfonce dans le genou, menton appuyé sur la main, tandis que l’autre main se resserre, se crispe un peu sur l’instrument que soutient l’autre genou : tout dans la pose aiguise une attention si intense qu’il semble qu’ait été mise à la figure elle-même une invisible chanterelle. »

Femme au violon – vers 1928
Publié in : L’Amour de l’art, 1928, p.376
Source de l'image : Fonds Marc Vaux,  MV-3399-009
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


« La Femme au Perroquet : tenu à distance, l’oiseau vert à ventre corail est perché sur le pouce comme le faucon des miniatures persanes, la femme le fixe d’un regard tout ensemble curieux et détaché et comme lointain, de cette curiosité condescendante et, en son fond, assez indifférente, dont bénéficient les animaux et les oiseaux lorsque nous sommes trop revenus de nos semblables. »

Femme au perroquet – vers 1928
Publié in : L’Amour de l’art, 1928, p.377
Source : Gallica, Bibliothèque nationale de France


« Le Portrait de la Petite Fille Provençale fait songer à un Stevens qui, plus encore qu’au décor du "monde", et même qu’à ses jaunes si délectables, se serait intéressé au modèle. Vêtue de bleu, la petite fille est assise sur une chaise haute recouverte de paille ; contre le fond d’un or pâle très soutenu, se dresse une grande armoire de bois foncé. Sous ses cheveux noirs, en sa robustesse rustique, la petite fille a une expression sérieuse, concentrée. » (Charles du Bos, op. cit., p.382) La Petite Fille n'a pas été reproduite avec l'article mais sa description est si précise qu'on peut l'identifier sans grand risque :


Petite fille provençale – vers 1928
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3399-005
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


« Mais, à ce jour, le chef-d’œuvre d’Odette des Garets me paraît sans contredit la Femme en Bleu. Assise dans un grand fauteuil à dos assez droit, au bois foncé presque noir, a l’étoffe rouge vif à fleurs d’argent ; perdue dans une attitude méditative que l’on pourrait qualifier d’abandonnée si au sein de l’abandon même elle ne retenait tant de dignité ; vêtue d’une jupe noire d’un satin mat et d’un corsage bleu - d’un bleu inoubliable : entrant, sonore, saisissant à la manière d’un cri, chaleureux et pourtant souverainement "distingué" ; avec le casque de ses cheveux d'une coloration de paille comme orfèvrerie, avec l'eau claire et immobile de ses yeux gris, tout inconsciemment la femme expose, attaché à une encolure puissante, un pâle visage de pierre, beau bloc massif d’un seul tenant, et que fort justement Simon-Lévy comparait devant moi à une tête romane. » (Charles du Bos, op. cit., p.382)

 

Femme en bleu – vers 1928
Publié in : L’Amour de l’art 1928, p.380
Source de l'image : Fonds Marc Vaux,  MV-3399-011
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Pour conclure, Charles de Bos se félicite de voir Odette « élargir le champ de sa composition, et, ainsi qu’elle l’avait d’ailleurs commencé l’an dernier, aborder les intérieurs à plusieurs figures, en ce qui me concerne, j’appelle de tous mes vœux l’avenir de portraitiste que je sens en elle. Puisse-t-elle pour sa part contribuer à mettre fin à cette grande pitié du portrait, qui, depuis trop longtemps, est la honte de la peinture européenne. »

« des intérieurs à plusieurs figures ». Voici donc, pour illustrer le propos, deux musiciennes dont les tenues évoquent la période :

 

Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3398-001
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


En 1929, le catalogue des Tuileries annonce une Femme à l’œillet qui pourrait bien être celle-ci :


Titre inconnu (Femme à l’œillet ?)
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3399-007
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

« Mlle Odette des Garets présente l’effigie d’une Femme, qui tient à la main un œillet et, encore mieux interprété, le Déjeuner que savoure une jeune brune en gris, appétissante comme son déjeuner. » (La Vie montpelliéraine, 18 mai 1929, p.9) Quant à ce Déjeuner, je formule l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de celui-ci :

 

Titre inconnu (Déjeuner ?)
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3400-008
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Cette même année 1929, l’Etat achète une Vue de Saint Sevran qu’il dépose au musée des Beaux-Arts de Lyon, lequel, hélas, n’a pas répondu à mes questions à ce sujet…

C’est au début des années 30 qu’on commence à trouver des traces de la collaboration d’Odette à des publications, comme cette lithographie curieusement intitulée Repos (elle m’évoque plutôt le découragement…) :

 

Repos – sans date
Lithographie, 28 x 22 cm
Imprimée dans les ateliers Ducros & Colas en 1930
Collection particulière (vente 2024)


… et aussi à un « Alphabet Galant et Sentimental agrémenté de vers, de proses et de lithographies, par vingt-six écrivains et autant d'artistes », intitulé D'Ariane à Zoé (Paris, Librairie de France, 1930) mais je n’ai pas trouvé la page d’Odette qui a illustré Juliette, sur un texte de Jacques Chennevière.

 


En 1931, Odette participe à la première exposition de la société des Femmes artistes modernes (FAM – voir la notice de Marie-Anne Camax-Zoegger).

« Galerie Pigalle. Exposition des femmes artistes modernes. Beaucoup de nus féminins. Pourquoi toujours féminins ? Voyons, Mesdames ! Parmi eux, un nu couché de M. L. Siméon est attendrissant, le nu debout de Crissay est plus viril ; Odette des Garets affirme la dureté de son métier dans une "Sortie de bain" ». (Georges Guy, « La griffe artistique », La Griffe, 19 février 1931, p.3)

Pour l’évoquer, je propose cette belle dame à sa toilette, dont je ne sais rien…

 

Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3399-002
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


En juin, Odette participe à une exposition d’aquarelles intitulée « Paris le Jour et la Nuit ». Il faut donc qu’Odette ait pratiqué aussi l’aquarelle, je n’en ai pas trouvé trace.

En 1932, Raymond Escholier signale « Odette des Garets, si ferme » dans La Dépêche du 3 mars 1932, à propos de la nouvelle exposition des FAM et, comme chaque année, Odette participe à l’exposition du « groupe 4 » à la galerie Druet. Comme on ne sait pas ce qu’elle y a montré, je glisse ici deux autres nus, car elle paraît en avoir produit beaucoup à cette période.

 

Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3400-007
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3395-011
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


L’année suivante, Philippe Chabanex voit « Le nu très blond d’Odette des Garets » à l’exposition des FAM (Balzac, 1er juin 1933, p.8). Je choisis arbitrairement celui-ci, à cause de la charmante petite boîte à bijoux, à droite !

 

Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3397-010
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

 

A nouveau se succèdent, dans les comptes rendus de la presse,  les expositions collectives auxquelles Odette participe :

- « Paris la nuit », 22 juin au 10 juillet 1933, chez Berthe Weill,

- le Salon d’Automne,

- l’annuelle exposition du « groupe 4 » chez Druet,

- une exposition de portraits à la galerie de Paris dont elle partage les cimaises avec Bonnard, Cheriane, de Chirico, Derain, Dufy, Lothe, Valadon, Van Dongen et Vuillard. Elle y montre le Portrait de Mme F.

L’Etat acquiert L’Etude :

 

L’étude – 1934
Huile sur toile, 92,2 x 73,3 cm
Centre Pompidou, Musée national d’Art Moderne, Paris
© Photo : Philippe Migeat – Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP


Au Salon d’Automne de 1935, Odette présente une Arlequine et trois natures mortes dont l’une s’intitule Pêches. Ici, nous avons Pêches et Poires, probablement peintes dans les années 20.

 

Nature porte de pêches et poires – sans date
Huile sur toile, 33,7 x 45,7 cm
Collection particulière (vente 2010)


Elle paraît avoir peu exposé en 1936 mais on la retrouve à nouveau très active en 1937. A l’exposition des FAM, elle propose une Femme à l’éventail, qui n’est peut-être pas celle-ci, déjà publiée en 1928 :

 

Femme à l’éventail – vers 1928
Publié in : L’Amour de l’art 1928, p.382
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV-3399-012
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Puis vient la traditionnelle expo annuelle « Chez Druet, Odette des Garets a réuni un ensemble de dessins où s'affirme une fois de plus ce talent aux facettes subtiles et fait d'une émotion intérieure infiniment modulée, qui l'a rangée au rang des femmes peintres les plus douées de ce temps. » (André Villeboeuf, « Le décor de la vie », Gringoire, 25 juin 1937, p.7).

En juin 1937, elle participe à l’exposition « L’art français contemporain » présentée à Berlin : « Parmi ces jeunes ont été surtout remarqués Maurice-Georges Poncelet, Odette des Garets, Alfred Courmes, Roland Oudot, Raymond Legueult et le plus jeune de cette génération, Jean Aujame. » (La Revue de l’art ancien et moderne, Tome LXXI, 1937, p.196)

En octobre, elle expose à Strasbourg : « Une grande délicatesse de sentiment se manifeste dans les vastes paysages (croquis à la plume), de Mlle Odette des Garets (Nos 17 et 18), — dont la Négresse au Madras (No 15), mérite une attention spéciale par sa réelle qualité. » (Marc Lenossos, « Exposition de dessins et d’aquarelles à la maison d’art alsacienne », Les Dernières nouvelles de Strasbourg, 3 octobre 1937, p.3)

 

Enfin, au Salon d’Automne, son Nu renversé est salué par Eugène Soubeyre, (« Le Salon d’Automne », La Nouvelle revue, 1er décembre 1937, p.153)

En voici un, accompagné de la « charmante nature morte », à gauche, cette fois !

 

Titre inconnu (Nu renversé ?)
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3395-002
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Et, pour animer un peu cette longue série de « grisailles », je place ici ce portrait de joueuse dont la tenue me paraît correspondre aux années d’avant-guerre.

 

Le jeu du Solitaire - sans date 
Huile sur toile, 61 x 50,2 cm
Collection particulière (vente 2013)

Odette ne participe pas au FAM de 1938 et Louis Vauxcelles déplore son absence, ainsi que celle de Romane Brooks et de Chana Orloff, dans son article du Monde illustré du 2 avril 1938.

Au Salon d’Automne de 1938, elle propose Le Modèle et une Baigneuse. « Nombreuses sont les femmes artistes dont les œuvres s’imposent, cette année, au Salon d’automne. A une observation fructueuse de la vie, la plupart joignent une certitude étonnante dans le dessin et une grâce exquise. C'est le cas de Jeanne Baraduc, de Geneviève Gallibert, d’Adrienne Jouclard, d'Odette des Garets, de Valentine Prax, d'Hélène Marre, de Madeleine Luka. » (Charles Kunstler, Ric et Rac, 23 novembre 1938, p.5)

L’année suivante, sa promotion au grande de chevalier de la Légion d’Honneur s’accompagne de plusieurs commandes de l’Etat. Une Grande nature morte, exposée au Salon d’Automne, mise en dépôt au Consulat général de France de Rio de Janeiro, et un « grand panneau mural » pour le lycée parisien Camille See, alors réservé aux jeunes filles et inauguré cinq ans auparavant.

C’est peut-être à ce projet que se rapporte cette esquisse, où des femmes sont occupées à diverses activités (cliquer pour agrandir).

Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3395-015
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Si Odette ne participe pas au « regroupement des salons » de 1940, elle expose ses peintures récentes chez Berthe Weill en avril 1940, la dernière exposition identifiée de la galeriste, avant la tourmente de la guerre.

Une exposition que Le Petit Parisien décrit comme « subtile et vivante » dans son édition du 4 avril 1940 (p.4), après quoi l’Etat lui achète un Nu (que je trouve un peu décevant…)

 

Nu – acquisition par l’Etat en 1940
Huile sur toile, 92 x 73 cm
Centre national des Arts plastiques / FNAC 16698
En dépôt à la mairie de Montoire-sur-le-Loir


Je n’ai pas d’indication sur ce qu’Odette fait pendant la guerre. Elle est probablement restée à Paris puisque Berthe Weill, dans une lettre adressée à Emilie Charmy le 15 juin 1942, lui indique avoir déjeuné avec Odette quelques jours plus tôt … mais la piste est mince !

La guerre terminée, on retrouve Odette dans l’exposition « Femmes » chez Paul Colin : « Odette des Garets est largement représentée par une douzaines de tableaux : Figures dans un jardin, Rêverie, Port de Cannes ; une grande composition Le jugement de Paris, des natures mortes : Fleurs des champs, Narcisse et quelques dessins. » (Jacques Bellegrand, « Exposition ‘’Femmes’’ chez Paul Colin », Rafales, 17 mai 1945, p.12)

Je profite de cette évocation d’un port pour en montrer deux qui ne représentent clairement pas le port de Cannes, au moins pour le premier, probablement peint dans les années 20.


Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3399-006
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Le second est daté de 1943, sa présence à ce stade est donc justifiée.

Titre inconnu - 1943
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3400-009
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

Quant aux natures mortes, évoquons-les avec l’une de celles qui sont datées et dont je regrette bien de ne pas voir les couleurs, car sa composition est assez séduisante !

 

Titre inconnu – 1944
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3400-010
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

Et j’ajoute cette œuvre de 1945, même s’il est peu probable qu’elle ait été titrée Rêverie : elle permet de percevoir l’évolution du style d’Odette.

Titre inconnu – 1945
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3397-011
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Au Salon d’Automne de 1945, Odette présente une Figure et un Paysage. La Figure en question est publiée sous le titre Figure à contre-jour et un commentaire nous fournit la couleur de son corsage :

« Sans doute le portrait ne peut guère se réclamer que de quelques œuvres : L'Effigie de M. Marcel Guiot, décrite avec une précision solide et volontaire, par M. Jean Bersier ; une femme en corsage vert, par Mme Odette des Garets » (R.J., « Le Salon d’Automne 1945 », Mobilier et décoration, 1er août 1945, p.14)


Figure à contre-jour – vers 1945
Publié in : Arts, 28 septembre 1945, p.6
Source de l'image : Fonds Marc Vaux, MV-3399-001
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


En 1945, l’Etat acquiert une huile intitulée Le Balcon. Elle a été mise en dépôt au musée des beaux-arts d’Oran, avec lequel je ne suis pas parvenue en entrer en contact, si tant est qu’elle y soit encore…

A partir de cette date, Odette n’est plus citée dans la presse. Elle continue à peindre, cependant ;

 

 

Sans titre – 1948
Huile sur toile, 53,3 x 48,5 cm
Collection particulière (vente 2016)


Ses paysages, ses nus, ses natures mortes deviennent plus synthétiques et un peu facettés…

 

Titre inconnu – 1949
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3400-004
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais



Titre inconnu – 1949
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3394-014
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Titre inconnu – 1949
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3398-012
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

 

… ce qu'on peut vérifier grâce à cette nature morte passée sur le marché de l’art :


Nature morte à la cafetière – 1952
Huile sur toile, 49,5 x 65 cm
Collection particulière (vente 2010)


Titre inconnu – 1956
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3394-012
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais



Titre inconnu – 1958
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3397-002
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Mais Odette ne participe plus au Salon d’Automne et ne paraît plus exposée jusqu’en 1963 où elle fait une courte apparition dans Le Monde, à l’occasion d’une exposition qui lui est consacrée à la galerie Daber, boulevard Haussmann.

« De ses "cités imaginaires" tracées à la mine de plomb, Odette des Garets n'a retenu que les éléments aptes à exprimer ses propres visions. Elle exalte les volumes, les grandit : de simples bâtisses deviennent tours. De même le thème de l'ogive, qu'elle exploite pour la ligne plastique, se prête à créer un climat d'étrangeté. Ogives montantes découpant leur profil dans l'espace, entassement architectural à la conquête du ciel, font évidemment penser dans leur mouvement ascensionnel à Piranèse. Des Garets coupe le tableau d'horizontales et de diagonales par une combinaison de viaducs s'entrecroisant de la terre aux nuages. Opposée à cet univers de pierre, une rare végétation et pour ainsi dire nulle trace humaine. L'eau, elle l'utilise comme lumière. Car tout ici est ombre et lumière, noir et blanc. Des zones de grisaille intermédiaire créent un climat pictural continu sans brusquerie, comme en legato. Certes, nous sommes là dans le domaine de l'expressionnisme, mais sans distorsion. La ligne reste droite avec juste une petit vibration de la main. Depuis vingt ans c'est la première exposition d'Odette Des Garets qui en a soixante-dix. » (J.M. « Odette des Garets », Le Monde, 31 mai 1963)

Grâce à cet article, j’ai eu l’explication du contenu de la « dernière boîte » du fonds Mac Vaux : à la fin de sa vie, Odette dessinait, laissant libre court à son imagination.

 

Titre inconnu – 1956
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3392-002
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais



Titre inconnu – 1957
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3394-004
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Titre inconnu – 1962
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3397-004
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3395-001
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3396-014
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

 

Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3396-006
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais


Titre inconnu - 1963
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3396-016
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais



Titre inconnu
Source : Fonds Marc Vaux, MV-3396-013
© Bibliothèque Kandinsky, MNAM/CCI, Centre Pompidou – Dist. RMN-Grand Palais

 

Odette des Garets est morte le 18 décembre 1967 à Boulogne-Billancourt.

Selon Charles du Bos, elle était « invulnérable au snobisme de l'actualité comme aux autres », elle avait donc choisi son métier bien loin de son milieu d’origine, se disait attirée par un art intime, admirait Chardin et Delacroix qui « devrait toujours nous servir d’exemple, parce qu’on sent que toutes ses idées et sa vie elle-même ont été soumises à la peinture. » (Jacques Genne, op.cit. p.267)

Ainsi fit-elle, visiblement. C’est à présent à nous de découvrir ce « métier » qu’elle a caché dans sa peinture… et tout reste à faire puisqu'Odette n'a même pas de fiche Wikipédia !

 

 

*

 

 

N.B : Pour voir d’autres notices de ce blog, si elles n’apparaissent pas sur la droite, vous pouvez cliquer sur « Afficher la version Web » en bas de cette page.

 Et si vous souhaitez laisser un commentaire, c’est aussi en bas de page !